La richesse des dirigeants de ce monde ne connaît pas la crise

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Une information est passée relativement inaperçue ces derniers jours. Pourtant, elle vaut son pesant d’or.  Le quotidien britannique « The Independent » révèle en effet la liste des vingt dirigeants les plus riches au monde. Ce classement surprend (ou rassure) pour trois raisons. Premièrement, seuls huit d’entre eux font partie de l’OCDE qui rappelons-le, rassemble 80% des pays riches de la planète. Et parmi eux, un intrus de marque : Silvio Berlusconi, seul chef de gouvernement européen parmi le top 10 du classement, les autres étant parmi les têtes couronnées les plus connues (Elizabeth II, SAS Albert de Monaco…). Deuxièmement, l’or noir permet à bon nombre de dirigeants des pays du Golfe de monopoliser ce classement : 7 parmi les 20 premiers, sans oublier la fortune du sultan de Brunei, assis sur des réserves colossales, et propriétaire, entre autres, de deux fameux hôtels parisiens. Enfin, la présence de deux présidents africains nous expose l’ampleur du détournement des richesses pétrolières (dans le cas de la Guinée Equatoriale), et même des fonds publics (pour le Swaziland). Bref, ce classement révèle à bien des égards les maux actuels dans bon nombre de pays du Sud.

Ce qui frappe le plus encore, c’est la popularité dont jouissent bon nombre de ces chefs d’Etat. Le plus riche d’entre eux, le roi de Thaïlande Adulyadej, avec 23 milliards d’euros, reste un mythe pour bon nombre de ses sujets, et son extraordinaire fortune accumulée tient bien plus à sa longévité (il dirige depuis 1946 son pays) qu’à tout autre facteur. Et dans les pays occidentaux, il en est de même : malgré ses nombreux démêlés et ses accusations de corruption, Berlusconi jouit encore d’une bonne popularité (jusqu’à très récemment tout de même), enviée, certainement, par quelques-uns des dirigeants des pays voisins. Est-ce à dire que la richesse des dirigeants les rapproche du peuple ? Non, certainement pas, les électeurs choisissant souvent le meilleur candidat à leurs yeux, sans trop se préoccuper de leur fortune personnelle… Néanmoins, la palme revient à l’émir du Koweït, dont la fortune ne provient que de son salaire de chef d’Etat, qui est de… 154 millions d’euros annuels. Une paille, en sorte…

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