Egypte : Al-Sissi, le mal nécessaire ?

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Il y a des visites d’État qui ne sont pas simples à organiser. C’est le cas lorsqu’il s’agit de personnalités politiques décriées par certaines ONG comme Abdel Fattah Al-Sissi. La realpolitik reprend-t-elle le pas sur les dogmes démocratiques promus par les grandes puissances occidentales ?

Al-Sissi, symbole des intérêts occidentaux dans le Moyen-Orient
Al-Sissi, symbole des intérêts occidentaux dans le Moyen-Orient

Abdel Fattah Al-Sissi, le chef d’État égyptien était en visite officielle à Paris il y a deux semaines. Il a été reçu par le président Emmanuel Macron, au Palais de l’Élysée. Cette rencontre a suscité l’indignation de certaines ONG. Le président égyptien est accusé de bafouer les droits de l’homme dans son pays où la répression et les arrestations massives ne cessent d’augmenter. Selon plusieurs ONG, Ramy Shaath, défenseur des droits de l’homme en Égypte et marié à une française, est détenu arbitrairement depuis plus d’un an. Plusieurs ONG avaient ainsi appelé à manifester mardi dernier devant l’Assemblée nationale. Emmanuel Macron a choisi lui de privilégier le dialogue. En effet, le président Al-Sissi est un partenaire “stratégique” pour Paris au vu de l’emplacement géographique de son pays abritant plus de 100 millions d’habitants.

Al-Sissi, le rempart contre le terrorisme

Abdel Fattah Al-Sissi est arrivé au pouvoir en 2013 à la suite d’un coup d’État qui a vu la destitution du président Morsi. Il a été élu un an plus tard avec plus de 96% des voix. Al-Sissi a progressivement consolidé son pouvoir dans un pays qui reste marqué par “les printemps arabes” et l’élection des Frères musulmans. En effet, ceux-ci prônent la renaissance islamique contre l’emprise laïque occidentale. L’arrivée au pouvoir de ces derniers avait été très mal perçue par les occidentaux apeurés par une expansion de l’islamisme radical dans la région. Réélu en 2018 avec plus de 97% des voix, Al-Sissi ne cesse d’accroître son emprise sur le pays. Il garde de très bonnes relations diplomatiques avec l’Occident, notamment en ce qui concerne l’achat de matériel militaire.

Al-Sissi, le bon client de l’industrie militaire française

Le montant des contrats d’armements entre la France et l’Égypte s’élèvent à 20 milliards d’euros. Depuis 2015, l’Égypte s’est ainsi fournie en rafales, radars ou encore drones. La France fait ainsi partie des principaux fournisseurs d’armes de l’Égypte. D’autre part, les échanges commerciaux entre les deux pays n’ont cessé de croître, depuis la prise de pouvoir d’Al-Sissi. L’Égypte est ainsi devenue un client indispensable pour les intérêts militaires et industriels français.

Al-Sissi – Macron, une idylle d’intérêt

La réciprocité des intérêts égyptien et français fait de ce partenariat un mariage de raison. Celui-ci est ponctué de courtoisie et de respect diplomatique. Paris et Le Caire ne peuvent donc se permettre de se tourner le dos au risque d’être tous les deux perdants. Selon les dernières informations, le président égyptien a été décoré de la plus haute distinction française par Emmanuel Macron. De quoi prolonger cette idylle pour de nombreuses années…

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