Tentative de coup d’Etat en République Démocratique du Congo : Kabila déstabilisé ?

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Hier, des hommes cagoulés armés de machettes et de fusils d’assaut ont attaqué la résidence du Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph-Désiré Kabila, à Kinshasa. Passons rapidement sur les victimes de l’assaut (six assaillants tués) pour essayer de mieux comprendre cette tentative de coup d’Etat, ou, du moins, d’assassinat du Président.

Tous ont en mémoire, en RDC, l’assassinat de Patrice Lumumba, en pleine Guerre Froide, en 1961, vraisemblablement orchestré par la CIA. Joseph Kabila a succédé à son père (assassiné en 2001) et a remporté la première véritable élection démocratique depuis cinquante ans en RDC en 2006. Il sera par ailleurs candidat à sa propre réélection lors de la  prochaine échéance de novembre, même si aujourd’hui il apparait fortement contesté. La tension règne donc, et on peut tout à faire croire à une tentative orchestrée par Kabila lui-même (par ailleurs absent lors de l’attaque) pour justifier une future répression politique de ses opposants…

Le doute subsiste donc quant aux motifs réels de l’attaque. Ce qui est néanmoins sûr, c’est que la RDC semble avoir tiré un trait sur plusieurs décennies de guerre civile, conclues par un accord de paix en 2003. Parler de démocratie serait sûrement un peu trop fort, mais Joseph Kabila semble en tout cas avoir rompu avec un passé très, très trouble. L’est du pays reste encore marqué par des affrontements fréquents entre armée et opposants, mais contrairement à beaucoup d’autres pays de la région, la stabilité apparait néanmoins comme réelle.

On peut émettre, malgré tout, quelques limites à ce constat. En janvier dernier, le parlement congolais a accédé à la demande de Kabila, qui souhaitait réduire le scrutin de la prochaine présidentielle à un seul tour, au lieu de deux, ce qui lui permettra peut-être d’être réélu avec moins de 50% des voix. Peut-on faire un lien entre cette décision et l’attaque d’hier ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que le contrôle du pays attise les convoitises, tout comme les nombreuses richesses naturelles qu’il possède. Et que, malgré tout, Kabila doit un peu mieux dormir que le colonel Kadhafi…

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