La sécheresse dans la Corne de l’Afrique : pourquoi un tel désintérêt général ?

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Cette première moitié de l’année 2011 a été riche en grands événements : Révolutions arabes, mort de Ben Laden, crise de la dette, etc. Voilà les principaux foyers géopolitiques, ceux dont on parle tout le temps, de par le grand intérêt (voire l’extrême préoccupation) qu’ils représentent. Cependant, on sait depuis un mois que la corne de l’Afrique vit sa pire sécheresse depuis des décennies. Aucune déclaration, pratiquement aucune aide, rien. Pourquoi ? Car notre société prend relativement soin de ne pas véritablement s’inquiéter de ce qui ne peut la toucher directement, en plein cœur. La mort (probable) de millions de personnes est vécue au mieux comme un drame, au pire dans le désintérêt général.

La sécheresse sévit donc, notamment en Somalie, déjà fortement touchée par le chaos politique. On manque d’eau potable, de nourriture, les troupeaux meurent. Les centres médiaux manquent cruellement. Cruel constat, sans cesse répété dans une Afrique que l’on croit –à tort- presque sortie du sous-développement. 500 millions de dollars devaient être débloqués par l’ONU l’an dernier pour aider ces pays-là ; seule la moitié leur est déjà parvenue. Et c’est là que l’on comprend que le désintérêt des puissances occidentales (mais également émergentes, ne l’oublions pas) peut se défendre : la survie de régions entières dépend en grande partie du bon vouloir des aides des pays riches. Cela reste difficilement acceptable, plusieurs décennies après l’indépendance politique africaine.

La spéculation n’est plus en cause, la fatalité non plus. La demande ne grandit pas énormément chaque année (le taux d’accroissement naturel, i.e. la différence entre le nombre de naissances et de décès pour 1000 habitants, n’est « que » de 3%), c’est bien l’offre qui pose problème. Les prix ne cessent d’augmenter, et ce ne sont ni les grandes instances internationales (ONU, FMI) ni les bourses que l’on peut accuser.

La géopolitique est donc bien cruelle. Elle a le bon goût de s’intéresser à des sujets et non à d’autres. Mais elle a également le bon goût de tenter de proposer des solutions. Les arrivées d’aides massives en cas de crise ne sont pas suffisantes. La reforestation, l’existence de nouvelles cultures et la construction de moyens de transport peuvent être les trois axes d’une nouvelle tentative de politique agricole. Cette catastrophe qui se tourne au ralenti cette année dans la corne africaine n’intéresse pas encore les grands pays pourvoyeurs d’aides, seulement quelques ONG de ces pays. Or, sans médiatisation, difficile d’exister dans ce bas monde…

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