Le Maroc bientôt islamiste suite aux premiers résultats des élections générales anticipées marocaines de 2011

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Les heures passent et les espoirs du Parti de la Justice et du développement se font grandissants au Maroc. Quels espoirs? Ceux d’accéder pour la toute première fois de l’histoire marocaine au pouvoir dans le pays, le PJD revendiquant d’ores et déjà sa victoire aux élections législatives anticipées de ce vendredi 26 novembre 2011, des élections marquées par un taux de participation supérieur à 45% selon les premières estimations. Alors, quelles conséquences pour le Maroc?

Depuis vendredi, l’heure est à la fête dans les quartiers des Orangers à Rabat, siège du parti islamiste marocain le PJD – Parti de la Justice et du développement : depuis avant-hier, la certitude d’une victoire assurée aux élections générales se fait de plus en plus précise pour le parti qui, d’après les premiers résultats officiels, devrait récupérer un peu plus de 100 sièges sur 395 au Parlement marocain. Cinq mois après la réforme constitutionnelle décidée par le roi Mohamed VI selon laquelle le chef du gouvernement marocain doit être choisi au sein du parti arrivé en tête aux élections, la transition institutionnelle et idéologique est donc bel et bien annoncée dans le pays : malgré la probable alliance à venir entre le PJD et l’Istiqlal, parti le plus ancien du Maroc et parti de l’actuel Premier ministre marocain Abbas El-Fassi, le PJD et son actuel dirigeant et à ce titre futur Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane comptent bien faire bouger les choses dans le pays; ainsi qu’en dehors ! Car en matière de décrets, force est de constater que politique intérieure et politique étrangère se côtoient de très près dans la liste des mesures proposées par le PJD.

Sur le plan domestique tout d’abord, les attentes se portent sur le changement. Certes le PJD est un parti conservateur et monarchiste, mais celui-ci ne rime pas pour autant avec léthargie : le parti est en particulier attendu sur la question de la réforme de la Justice marocaine et sur la lutte contre la corruption. En quelques mots, « les Marocains insistent pour garder leur monarchie, mais ils veulent qu’elle évolue avec eux » et le PJD est là pour répondre à cette attente peut-on reprendre d’Abdelilah Benkirane.

Sur le plan international ensuite, les choses sont un peu plus compliquées : la victoire des islamistes conforte les mutations en cours au Maghreb mais la référence islamiste du PJD effraie, en particulier en Occident où islamisme et terrorisme sont souvent associés. Mais gare à ne pas se fier trop vite aux apparences :

Interrogé sur les éventuelles craintes de l’Occident vis-à-vis de la probable victoire des islamistes modérés aux élections générales anticipées marocaines, ainsi Abdelilah Benkirane s’est-il montré rassurant, exprimant sa volonté de développer les relations diplomatiques du pays avec l’Europe et les États-Unis, et en particulier avec la France.

Si cette victoire se confirme, le Maroc sera alors le troisième pays musulman du bassin méditerranéen à être dirigé par un parti islamiste, aux côtés de la Turquie et de la Tunisie. Réponse dans quelques heures.

 

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