Réductions budgétaires : le retour de la revanche !

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Si Hollywood est très à l’aise pour produire des suites à n’en plus finir de ses plus grands succès, Washington s’en serait bien passé. En effet ce vendredi les hostilités reprennent au congrès sur la question du budget et de la dette de l’Etat fédéral.

C’est après avoir repoussé le « fiscal cliff » avec soulagement la veille de l’an 2013 que les membres du congrès américain se sont séparés en laissant la question en suspens. Le budget de l’Etat fédéral va devoir être renégocié le 1er mars. Quant au plafond de la dette, il doit être repoussé au plus tard le 18 mai pour donner une nouvelle bouffée d’air à un pays dont la dette ne cesse de s’envoler.

Si les membres du congrès ne trouvent pas d’accord avant jeudi minuit, des coupes automatiques dans le budget fédéral interviendront et de nombreux fonctionnaires verront leurs rémunérations diminuées ou gelées, voire leur emploi supprimé. Cette coupe devrait être d’une ampleur de 85 milliards de dollars et détruire de nombreux emplois. Ainsi 90 000 employés de la sous-traitance du Pentagone risquent de pointer au chômage rien que dans l’Etat de Virginie, 10 000 postes de professeurs seraient menacés, les emprunts des PME seraient réduits de 540 millions de dollars…

Des perspectives sombres alors qu’un compromis semble loin d’être trouvé. En effet, les républicains tiennent encore la chambre des représentants, et cette fois-ci ils se refuseront à toute augmentation de la fiscalité alors qu’ils avaient finis par accepter in extremis l’augmentation des impôts pour les plus riches le 31 décembre dernier. Ils exigent même de pouvoir tailler à la hache dans les dépenses sociales et notamment dans celles de la retraite et des assurances maladies publiques (Medicare pour les plus de 65 ans, Medicaid pour les plus pauvres).

Dans ce contexte les observateurs de l’économie américaine s’inquiètent, à la fois d’une éventuelle politique de rigueur alors que les Etats-Unis sont encore convalescents, et d’une indécision politique fatale. Le président de la réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a avertis ce mercredi les dirigeants politiques en expliquant que le déficit et la dette recommenceraient à augmenter sous l’effet du vieillissement de la population et de la hausse des dépenses de santé. Il a aussi ajouté qu’il fallait d’abord se focaliser sur la stabilisation du déficit avant de faire entamer au ratio dette/PIB une trajectoire descendante. Il a aussi regretté que les mesures prises par le congrès ne soient que des mesures de court terme. Entre les hausses d’imposition et de cotisations et les réductions automatiques dans les dépenses publiques, la FED prévoit une amputation de la croissance du PIB de 1.5 points cette année.

Ces menaces à répétition sur la croissance américaine et le peu d’issues politiques conduit l’agence Fitch à envisager de retirer son triple A aux Etats-Unis.

Quand on sait que l’opposition à l’ « Obamacare », la réforme médicale de Barack Obama, se fait actuellement sur le terrain de la liberté de religion on comprend le scepticisme des observateurs quant à la capacité du congrès américain à prendre une décision responsable.

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