Santos : la solution au problème avec le Venezuela ?

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Les relations entre la Colombie d’Uribe et le Venezuela de Chavez ont été mauvaises depuis quelques années, mais elles ont empiré au fur et à mesure que Bogota a acquis la certitude, documents à l’appui, que le leader vénézuélien soutenait la guérilla des FARC. Chavez a dû couper les liens diplomatiques avec la Colombie, a mis en alerte les troupes à la frontière. Ce sentiment s’est exacerbé depuis qu’Uribe a présenté de nouvelles preuves, devant l’OEA, de la présence de hauts dirigeants des FARC dans des camps vénézuéliens. L’enquête internationale demandée par Uribe suit son cours.

Cependant, il faut remarquer que, comme par hasard, les nouvelles accusations proférées par Uribe interviennent alors même qu’Uribe cède son fauteuil en ce début du mois d’août, faute d’avoir pu prétendre à un troisième mandat (cela est interdit par la constitution colombienne). Tout porte à croire qu’avant son départ (qui n’est pas effectué de bon gré, soyons-en certains !), le chef de l’Etat veut déjà définir, au moins en ce qui concerne le Venezuela, la politique extérieure de son successeur et dauphin, le président élu Juan Manuel Santos, ex-ministre de la défense. Santos, que l’on peut qualifier de conservateur, n’est pas vraiment admiratif du « gauchiste » Chavez. Ce même Chavez essaie d’ailleurs de contrer sa chute de popularité en faisant des « coups de pub », le dernier en date étant sa décision d’exhumer la dépouille de Simon Bolivar. Mais la mission extérieure principale de Santos sera de normaliser les relations avec Caracas, entre autre pour que Chavez ait une position enfin neutre concernant les FARC.

Uribe quitte donc ses fonctions après huit ans de pouvoir et un énorme soutien populaire. Ce serait une erreur de sa part de penser que cela lui donne le droit de porter atteinte à la politique conciliante de son successeur. Et plus grave encore, de considérer que l’ingérence peut se poursuivre après le 7 août, date de son départ. Quant à Santos, il devra montrer que son seul fait d’armes (la libération de plusieurs otages des FARC, notamment Ingrid Betancourt en 2008) n’était pas dû au seul fait du hasard, mais bien à des talents de négociateur…

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