Réduire la dépendance énergétique américaine : l’ambitieux défi de Barack Obama

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En ces temps fortement tourmentés, notamment en ce qui concerne l’économie pétrolière, le président américain relance le débat sur la réduction de la dépendance énergétique de son pays. Obama a fixé l’objectif : ce sera un tiers d’importations pétrolières en moins d’ici 2020, pour un pays qui consomme 25% du pétrole mondial et qui ne possède que 2% des réserves. Les Américains doutent de l’engagement de leur armée en Libye, mais il est évident que l’instabilité des cours du brut les touche bien plus directement.

Comment faire en sorte d’éviter que 50% du pétrole consommé quotidiennement aux Etats-Unis ne provienne pas de l’étranger ? Vaste question. L’indépendance totale en la matière n’existe pas. Depuis les fameux chocs de 1973 et 1979, les pays non-producteurs (auxquels on ne peut donc pas ajouter les Etats-Unis) ont tenté par tous les moyens de moins dépendre de leurs importations, très souvent en vain. Car il faut se rendre à l’évidence : le problème est foncièrement interne. Si l’on veut moins dépendre des cours d’une matière première, on peut certes agir directement sur l’offre, mais c’est avant tout la demande qu’il convient de modifier (en la réduisant), et, dans le cas des énergies, d’essayer d’en produire d’une manière différente.

Obama a décliné un programme guère peu original : promouvoir le gaz naturel dans les transports, augmenter la production énergétique états-unienne, promouvoir les biocarburants. Rien de bien novateur, et surtout rien qui ne permette d’agir sur la réduction de la demande américaine ! Selon des experts, seules des taxes sur la consommation de pétrole pourrait obliger les Américains à changer leurs habitudes. Mais des taxes dans le berceau du capitalisme, où irait-on ?

En réalité, il est fort possible que si la crise venait à perdurer dans les pays arabes, notamment dans les Pays Exportateurs de Pétrole, Barack Obama devrait toucher aux réserves stratégiques américaines. Des millions d’hectares de champs pétrolifères ne sont pas en activité aux Etats-Unis (surtout en mer) alors qu’ils pourraient l’être. Cependant, l’explosion de Deepwater Horizon l’année dernière hante toujours les esprits de millions d’Américains.

Les Etats-Unis vont devoir choisir entre la force (quid d’une troisième guerre dans un pays du Moyen-Orient ?), la restriction (de la consommation), la diversification et le recours à d’autres sources d’énergie (conventionnelles ou non).  Mais ce choix, les Etats-Unis ne le feront pas aujourd’hui, malgré la volonté de leur président. Il sera toujours temps plus tard…

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