Les États-Unis en cessation de paiement un an avant l’échéance électorale ?

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Si, selon les membres de certaines sectes, l’apocalypse est censée arriver en décembre 2012 elle pourrait bien être datée du 2 août 2011 pour les États-Unis. En effet, cette date marque le moment où les États-Unis atteindront le seuil maximal de ce qu’ils peuvent emprunter : le « plafond de la dette ».

Ce plafond correspond à ce que l’État fédéral peut emprunter au maximum et fut instauré en 1917 pour éviter d’avoir à faire voter le parlement à chaque emprunt. Bien sûr, ce plafond fut rehaussé de nombreuses fois au cours de l’histoire et notamment huit fois ces dix dernières années. Mais nous sommes aujourd’hui en présence d’une assemblée des représentants républicaine et d’un gouvernement démocrate et les républicains refusent de voter un nouveau plafond si le gouvernement fédéral ne s’impose pas une cure d’austérité drastique. « Le plafond de l’endettement, c’est son problème » a déclaré aujourd’hui le chef de file des républicains à la Chambre des représentants John Boehner. Son homologue au Sénat estime plus directement que le problème vient d’Obama en personne. Pour les démocrates, hors de question de promettre qu’il n’y aura aucune augmentation d’impôts, ce que réclame les républicains pour voter le nouveau budget.

Les deux camps se regardent en chien de faïence malgré le fait que les commissions et les discussions soient bilatérales depuis le début. Pour les démocrates, on ne peut couper dans le peu d’aide sociale qui subsiste encore et l’État fédéral a besoin de nouveaux impôts surtout après l’annonce faite aujourd’hui que le déficit commercial s’est encore creusé en mai, à 50,23 milliards de dollars, le plus élevé depuis octobre 2008. De l’autre côté, les républicains considèrent l’État fédéral comme un panier percé et sont poussés sur leur aile droite par les ultras du « Tea Party » qui ne veulent quasiment plus entendre parler d’État fédéral et qui marquent encore une progression depuis l’an dernier. La candidate de ce mouvement, Michele Bachmann, lancée dans les primaires républicaines « à l’appel de Dieu » est en deuxième place et marque le leader conservateur Mitt Romney à la culotte.

Or les républicains ne veulent pas de cette candidate car ils savent qu’au deuxième tour l’élection se joue chez les indécis : les « swing States », politiquement au centre et qui ne voteront pas pour elle, trop extrémiste pour eux. Ils veulent donc suivre le mouvement de leur électeurs : moins d’impôts et moins de gouvernement, mais ils veulent le faire eux même pour garder la situation sous contrôle. Pendant ce temps la situation ne progresse pas même si Obama a promis un accord d’ici le 20 juillet. Si l’accord n’aboutit pas, les États-Unis ne pourront plus rien payer après le 2 août (militaires, fonctionnaires, retraites, aide médicale…), sachant aussi que plus d’un tiers des États américains sont en quasi faillite dont même la très riche Californie. Les conservateurs assurent néanmoins qu’ils ont un plan en cas d’urgence. Et pendant ce temps, les agences de notations considèrent la Grèce comme étant dans une situation bien plus précaire.

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