Le Myanmar, de l’Ombre à la Lumière.

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D’une dictature militaire paria du reste du monde, le Myanmar se retrouve aujourd’hui sur le chemin de la rédemption, comme en atteste la visite de Thein Sein, président de l’ex-Birmanie, à la Maison Blanche. Depuis la chute de Than Shwe, le pays s’ouvre de plus en plus et les réformes vont bon train, ce qui suscite des réactions favorables à travers le monde. Si le chemin vers la démocratie et la prospérité est encore long, le Myanmar semble mieux armé que jamais pour avancer à pas de géant sur cette voie.

Alors que certaines associations dénoncent cette visite, intervenant trop tôt selon elles, sur fond de tensions ethniques entre les bouddhistes et les musulmans au Myanmar, c’est une petite révolution qui a eu lieu en début de semaine dernière à la Maison Blanche et qui est presque passée inaperçue en Europe : Thein Sein, chef de l’Etat birman a été reçu par Barack Obama. Si la visite d’Obama au Myanmar avait déjà permis à ce pays de reprendre sa place dans le concert des nations, après des années d’ostracisme liées à une multitude d’atteinte aux droits de l’homme commis par la junte militaire détenant le pouvoir, cette première réception d’un chef de l’Etat birman dans un pays d’occident n’en est pas moins historique.

Après des années de mise au ban des nations, le Myanmar avait organisé des élections perçues comme une mascarade par l’opposition ayant refusé d’y participer ainsi qu’à l’étranger. Néanmoins, le 7 novembre 2010,  l’élection de Thein Sein en remplacement de l’ancien généralissime Than Shwe était actée. Peu après, Aung San Suu Kyi était libérée de sa résidence surveillée, son parti redevenait légal fin 2011 et des droits fondamentaux comme le droit de grève étaient votés par le Parlement. Ces mesures prouvent que le Myanmar va dans le bon sens. L’intégration du pays dans le système mondial n’en est donc que plus nécessaire pour lui permettre de continuer dans cette voie : il s’agità la fois de l’encourager via des investissements montrant que les étrangers changent d’avis sur le pays tout en gagnant un accès plus fort de contrôle afin d’éviter que les chefs birmansne retombent dans leurs travers. A ce titre, le respect mutuel entre Thein Sein et Aung San Suu Kyi est déjà garant d’une certaine intégrité du pouvoir en place dans sa volonté de moderniser et de développer le Myanmar. Dieu sait s’il reste énormément à accomplir en termes de corruption et de violences ethniques notamment!

Où se trouve l’Europe dans cette affaire ?

La question est aujourd’hui de savoir comment les puissances occidentales vont considérer le Myanmar dans les années à venir. Si les Etats-Unis semblent déjà sur le coup, étant donné la proximité géographique de l’Etat Birman avec la Chine, les européens tardent, une nouvelle fois, à se positionner vis-à-vis de ce pays. Les voix des dirigeants européens, ou de Mme Ashton, Haut Commissaire aux Affaires Etrangères de l’Union européenne peinent à se faire entendre. Pourtant, compte tenu des ressources de ce pays, il serait bon de s’y positionner rapidement afin de commencer à tisser des liens de confiance avec les locaux et les aider dans leur développement tout en affermissant des liens économiques de premier choix. Il lui faut agir rapidement avant que toutes les autres grandes puissances ne lui grillent la priorité. Ses difficultés économiques ne sont pas une excuse : l’Europe ne peut pas se permettre d’être constamment en retard aux grands rendez-vous géopolitiques.

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