Un 14 juillet sous le signe de l’émotion après la mort de six soldats français en Afghanistan

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Comment ne pas évoquer cet événement? Aujourd’hui, jour de la fête nationale l’ambiance devrait être aux festivités mais les regards sont tournés vers d’autres horizons. En effet la veille, cinq soldats français ont péri à Joybar, petit village afghan au nord de la base française de Tagab lors d’une attaque-suicide menée contre un convoi militaire. Avec la mort d’un sixième soldat français tué ce matin dans la province de Kapisa, ces décès portent à 70 le nombre de militaires français ayant trouvé la mort depuis le début du conflit en novembre 2001.

Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la seconde guerre d’Afghanistan, initiée fin 2001 par l’administration Bush en réponse aux attentats du 11 septembre qui avaient fait près de 3000 morts. Alors déclarée sous la bannière de la « guerre contre le terrorisme », l’intervention militaire occidentale dans le pays avait permis en quelques mois de renverser le régime taliban, et par la même occasion de signifier le début des représailles talibanes. Or depuis lors, ces représailles sont continues.

En septembre 2002, celles-ci avaient ainsi visé l’homme politique afghan Hamid Karzaï, ancien chef du gouvernement provisoire afghan instauré en décembre 2001 suite aux accords de Bonn et président de la République afghane depuis 2004. Plus récemment, les insurgés ont revendiqué l’assassinat d’Ahmed Wali Karzaï, demi-frère du président et homme fort de la province de Kandahar au sud du pays, abattu à son domicile ce mardi 12 juillet 2011. La cérémonie tenue aujourd’hui en sa mémoire aura également fait l’objet d’un attentat terroriste, faisant quant à lui près de trois morts et quinze blessés.

L’accélération de l’activité talibane dans la région fait suite à la volonté occidentale de se retirer progressivement du pays, les autorités afghanes se disant prêtes à relever le défi. Mais une telle transition est périlleuse : signe d’une instabilité persistante, la mort des six soldats français tend à révéler la détermination des talibans, en difficulté sur le terrain mais forts d’un nouveau mode opératoire : celui de la « terreur aveugle ».

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