Le maître mot de la Corée du Nord ? Opacité bien sûr !

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Depuis maintenant plusieurs semaines, la Corée du Nord est face à une impasse : rappelée par ses vieux démons, sous pression face à la volonté internationale, celle-ci doit désormais faire les bons choix, sous peine d’être immédiatement rappelée à l’ordre.

Qu’est-ce que la Corée du Nord? A priori un pays à la structure étatique assez particulière, aux relations diplomatiques insignifiantes et à l’isolement certain. En réalité? Une nation forte de multiples liens établis avec plus de 150 pays, en plein déploiement nucléaire et pouvant assurément compter sur l’aide de ses maints alliés; en particulier sur celle de la Russie : ainsi Kim Jong-il, l’actuel dirigeant de la République populaire démocratique de Corée s’est-il rendu aujourd’hui à Khasan, petite ville de l’extrême-orient russe afin d’y trouver l’appui de son voisin Dmitri Medvedev, président de la Fédération de Russie depuis mai 2008. La rencontre entre les deux hommes est prévue mardi, rencontre dans l’opacité la plus totale bien entendu !

Le premier volet de cette rencontre sera économique. En effet, depuis plusieurs semaines le pays de Kim II-sung, président éternel de la Corée du Nord semble connaître un enchaînement de catastrophes sans précédent : inondations et pénuries alimentaires pour ne citer que les plus importantes; urgente, la situation l’est donc au regard de la société nord-coréenne tout entière qui sollicite aujourd’hui l’aide salutaire de ses alliés. En réponse à cet appel, le ministère russe des affaires étrangères a d’ores et déjà confirmé l’envoi de plus 50 000 tonnes de blé à la Corée du Nord, envoi qui devrait, dans le cadre de l’aide humanitaire, s’opérer d’ici fin septembre.

Le deuxième volet de cette rencontre sera politique; et pour cause :

La venue de Kim Jong-il en Russie intervient dans un contexte de tensions palpables entre les deux Corées, la situation pouvant potentiellement déboucher sur « une guerre totale » selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Après les traditionnelles manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis et la Corée du Sud de ces dernières semaines, l’heure est donc à l’action, les négociations étant au point mort depuis bientôt trois ans : neuvième puissance nucléaire au monde depuis 2006 – date de son premier essai nucléaire -, la Corée du Nord a désormais les moyens de son ambition, le pays développant depuis maintenant plusieurs années un programme d’enrichissement d’uranium contraire à l’esprit du TNP, traité sur la non-prolifération des armes nucléaires dont la Corée du Nord s’est retirée en janvier 2003 après plus de 18 ans d’appartenance. Bien qu’officieuse, la rencontre entre Dmitri Medvedev et Kim Jong-il mardi prochain sera donc décisive.

Accablée par la venue de catastrophes chroniques, sans recours face au déclin de son système, la Corée du Nord n’a aujourd’hui plus le choix : la guerre ou la paix, tel est le dur dilemme nord-coréen qui, vingt ans après la chute de l’URSS, vient soudainement rappeler une fatalité oubliée, celle selon laquelle le pays de Kim II-sung ne serait finalement peut-être pas, « maître de son destin ».

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