La Chine, un nouveau partenaire de choix pour le Pakistan

Shares

D’un côté, le Pakistan, critiqué par les Etats-Unis pour son double jeu avec les taliban. De l’autre, la Chine, dont les appétits ne sont plus à présenter. Pour un rapprochement qui pourrait bien radicalement changer la face de l’ « heartland »*.

Avec le Pakistan, la Chine marche très clairement sur des œufs. Les Pakistanais sont tout heureux d’affirmer leurs relations économiques avec la Chine (ce que cette dernière ne nie pas), mais c’est bien le volet militaire qui pose problème. En effet, tout soutien militaire apporté aux Pakistanais sera dangereux, car la menace est double et est représentée par l’axe indo-américain. La Chine ne veut pas d’un retrait militaire américain du Pakistan, car cela mettrait en danger sa frontière ouest, déjà durement gangrénée par les révoltes au Xinjiang ou au Tibet chinois. Du côté pakistanais, on n’a guère plus le choix. Les Etats-Unis ont enfin compris le double jeu pakistanais (ou plutôt celui de l’ISI, son service de renseignements) : toucher les aides américaines en se prétendant allié des Etats-Unis, mais en finançant indirectement les mouvements terroristes  (comme le réseau afghan des Haqqani).  On le voit donc, ces trois pays ont des destinées inextricablement liées, et chaque manquement de l’un ou de l’autre pourra être très gravement interprété.

Comme souvent, la Chine sort gagnante de ces rapprochements bilatéraux.

Avec le Pakistan,  c’est le monde musulman qui s’ouvre à la puissance chinoise. Maintenir des bonnes relations, c’est s’assurer la relative pacification du Xinjiang, plaie de la stabilité économique et politique de la Chine littorale. Les investissements chinois dans les ports, les infrastructures, les télécommunications et les logiciels militaires pakistanais fleurissent tout doucement. La rénovation du port de Gwadar en est la preuve (et fait entièrement partie de la fameuse stratégie du « collier de perles » chinois).

On le voit, tout ce que touche la Chine se transforme en or… mais pour elle. La diplomatie chinoise, tant raillée pour sa (relative) faible influence dans les instances internationales, grandit grâce à des accords bilatéraux passés avec différents pays dans divers continents. La Chine comprend pour l’instant le degré de rapprochement à ne pas dépasser, surtout lorsque l’on connait la tactique de plus en plus pacifique que la Chine entretient avec l’Inde. La meilleure réponse que pourraient donner les Etats-Unis, c’est de lentement diminuer leur aide octroyée au Pakistan. Pour voir si la Chine a vraiment les moyens de ses ambitions diplomatiques…

 

*Pour plus d’informations, voir http://alain.litzellmann.free.fr/Mackinder.htm

Shares

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *