Après Kaczynski, Kaczynski ?

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La politique nous offre parfois de grandes histoires de famille. L’Argentine nous a ainsi offert deux présidents consécutifs portant le même nom avec les époux Kirchner, Nestor puis Christina. Mais aujourd’hui, en Pologne, l’histoire est bien différente. Aucun pacte, aucune vengeance. Juste la mémoire. La mémoire d’un président tragiquement disparu à bord de son Tupolev présidentiel, en avril dernier. Les Kaczynski ont perdu Lech, mais son frère Jaroslaw pourrait lui succéder à la présidence de la Pologne.

Pourrait, en effet, car le premier tour organisé il y a quelques semaines le plaçait en deuxième position, loin derrière le centriste Komorowski (36% contre 41%), actuel chef d’Etat par intérim. Autant dire qu’il faudrait un miracle pour que Jaroslaw soit élu. Un miracle ? Dans ce pays, très croyant, tout est possible. Qui sait si l’émotion, finalement, ne l’emportera pas sur le politique ? Dans un monde où les sondages font désormais les élections, un peu d’humanité ne serait pas vaine.

Alors Komorowski ou Kaczynski ? Un libéral, favori des marchés, prêt à travailler avec le non moins libéral premier ministre Donald Tusk. Ou le très patriote (voire anti-européen), très attaché aux valeurs catholiques, opposé à toute baisse des dépenses publiques, alors même que la Pologne est en difficulté financière (le pays vient d’ailleurs de recevoir un prêt très important du FMI). Voilà les principaux enjeux.

Alors, donc, nos yeux occidentaux seront tournés vers ce pays, le sixième en Europe par sa population. Ne négligeons pas le poids de la gauche dans ce pays. Cette gauche, issue des ruines du parti communiste, avait gouverné entre 2000 et 2005 et a recueilli quelques 13% des voix le 20 juin dernier. Ne négligeons pas non plus le climat. Cela peut prêter à sourire, mais nombre de jeunes polonais ont d’ores et déjà annoncé qu’ils préféraient aller à la plage ce dimanche plutôt que d’aller voter. Comme quoi, malgré une lutte chèrement payée pour la démocratie, les élections présidentielles ne représentent pas un grand intérêt pour une partie de la population. Oh non, ce mal n’est pas uniquement polonais. Mais est-ce vraiment un mal ?

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