François Hollande : un an de politique étrangère

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Au-delà de la litanie de bilans exposés par les médias au sujet de la première année du quinquennat du Président Hollande, revenons sur les temps forts de sa politique étrangère. Parent pauvre de la campagne de l’an passé, elle aura servi, comme pour son prédécesseur, d’échappatoire face aux difficultés économiques et sociales intérieures.

Nicolas Sarkozy eut sa Libye, François Hollande a eu son Mali. Malgré deux contextes géopolitiques fort différents (renverser un pouvoir en place pour le premier, soutenir un pouvoir issu d’un Coup d’état dans l’autre), les deux ont eu à traiter du même fléau : le terrorisme islamiste dans la zone sahélienne. C’est ainsi, qu’indirectement, l’armée française a dû combattre au Mali des insurgés dont la majorité de l’armement provenait justement des différentes livraisons d’armes effectuées durant le conflit libyen. Dans les deux cas, on a pu noter la récupération politique de ces interventions. Le Président Sarkozy avait su se targuer, en son temps, de l’intervention française en Libye, qui, si elle est parvenue à son objectif (destituer Kadhafi), ne fera pas oublier les points d’ombre de l’affaire (circonstances réelles de la mort du rais, implication réelle de nos services secrets, etc.). Le Président Hollande, en énorme difficulté sur le plan intérieur, a profité de la guerre au Mali pour tenter de faire mentir les critiques avancées sur sa « mollesse » et son manque de prise de décision.

Une politique étrangère alignée sur celle de ses prédécesseurs

Dans le cas syrien, la posture hollandiste a, comme sur beaucoup (trop ?) d’autres sujets, évolué au fil des réalités : d’abord lancé dans un soutien aveugle à l’opposition syrienne, il a ensuite compris toute la complexité de la situation réelle sur le terrain, identifiant non pas qu’il y avait « un camp du bien » et « un camp du mal », mais bien tout un enchevêtrement de groupes dont le dénominateur commun est bien la violence et la haine de l’autre.

Pour le reste, le Président Hollande s’est cantonné à appliquer à la lettre les préceptes diplomatiques en place depuis des décennies : soutien à la politique étrangère américaine, méfiance inutile face au régime russe, prolongements des liens historiques avec certains pays africains (Algérie, Côté d’Ivoire, Burkina Faso, Congo) et rapprochement avec les futures grandes puissances comme la Chine. A deux nuances près.

La première concerne évidemment le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, qui interviendra d’ici quelques mois, après douze ans de soutien aux Etats-Unis. La seconde est peut-être plus inquiétante : l’axe franco-allemand semble se distendre au fur et à mesure des semaines et de l’évolution du contexte économique en Europe. Certes, N. Sarkozy avait connu une première année de quinquennat très tendue vis-à-vis de la chancelière Merkel. Cependant, avec l’aggravation prévisible de la situation économique dans notre pays et la perduration des difficultés chez nos voisins, il ne fait guère de doute que les tensions risquent de s’intensifier avec Berlin. Sauf grande repentance de la Chancelière au sujet d’une austérité qu’elle est parmi les dernières à encore approuver en Europe…

Au final, au milieu d’une cacophonie intérieure perceptible depuis sa prise de fonction, le bilan international du président Hollande semble moins mauvais que peuvent l’être, par exemple, les bilans économique ou social de cette première année de mandat. Il y a fort à parier que, sauf grand événement planétaire au cours de la prochaine année, la politique étrangère sera reléguée parmi les sujets secondaires, son traitement n’ayant, selon le Président, que peu d’importance face à celui de la gravité de notre situation économique. Orientation qui représente, en réalité, un contre-sens historique majeur.

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