OGM : le temps se couvre-t-il en Europe pour Monsanto ?

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Sujet polémique par excellence, l’introduction et la culture des OGM est un thème fréquemment abordé dès qu’il s’agit de parler de l’Europe. Monsanto, la firme multinationale américaine qui en produit le plus au monde n’a pas caché ses efforts pour installer une solide tête de pont en Europe. Qu’en est-il de la position de l’Union Européenne sur les OGM alors que s’ouvrent les négociations sur un traité de libre-échange entre Etats-Unis et Union Européenne ? Et de quelle force de frappe bénéficie Monsanto ?

Jusqu’à présent seul deux OGM proprement dit sont autorisés par la culture dans l’Union. Le maïs Monsanto (le MON810) et une variété de pomme de terre produite par le géant de la chimie BASF (et qui a fait un four). D’autres OGM arrivent sur le territoire par des moyens détournés : ce sont généralement ceux qui servent à nourrir le bétail que nous consommons après. Pour d’autres plantes, Monsanto tente de contourner les règles avec notamment les OGM obtenus par mutagenèse (qui consiste à faire muter un gène de la plante et non à en greffer un nouveau, ce qui permet d’échapper à l’appellation « OGM »). Des législations européennes sont à l’étude pour égaliser le traitement des organismes génétiquement modifiés. Sur le plan législatif il est aussi nécessaire de préciser que le maïs MON810 avait obtenu une autorisation limitée de culture en 1997 pour une période de dix ans. Période désormais révolue et en attente de renouvellement.

Les Etats Européens ont d’ailleurs bien fait savoir que les cultures OGM avaient leurs limites. Huit pays : la France, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Autriche, la Hongrie, la Grèce, la Bulgarie et la Pologne ont décidé en début d’année d’interdire les cultures OGM sur leurs territoires. Une clause de sauvegarde qui a fortement déplu au département du commerce américain, déclarant que cette mesure priverait, selon lui, les consommateurs européens de « produits agricoles américains sûrs et de grande qualité ».

Il faut dire que Monsanto mène un lobbying acharné au congrès américain à tel point qu’il en effraie des parlementaires. En début d’année est passé un amendement discret dans le « Plant Protection Act » (un projet de réforme de l’agriculture). Cet amendement est très favorable à Monsanto car il permet à tout agriculteur ou producteur d’ignorer une autorisation administrative pour cultiver des OGM : nul besoin donc d’attendre que la plante soit certifiée par les organismes sanitaires, et même si elle ne l’était pas l’agriculteur pourrait passer outre. Des parlementaires se sont élevés contre cette loi sans succès.

Il n’en demeure pas moins que malgré les efforts de lobbying intense de Monsanto depuis 15 ans, les cultures OGM sont au point mort en Europe et l’opinion politique est de plus en plus sceptique à leur sujet.

Toute autorisation de culture est gelée jusqu’en 2014 minimum en attendant de redéfinir une position européenne commune. Il faudra tout leur talent aux lobbyistes des OGM pour adoucir la position des européens, à moins que les Etats-Unis n’exigent un accord pour poursuivre les négociations sur le traité de libre-échange.

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