Vote du budget en Espagne : l’horizon s’éclaircit

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Après deux ans d’une intense récession, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, semble apercevoir le bout du tunnel : si 2013 devrait se terminer en demi-teinte, 2014 sera en revanche le point d’inflexion sur plusieurs fronts, notamment celui du chômage qui devrait commencer à refluer, signe d’une reprise, timide certes mais bien présente. Cela pourrait bien également permettre à Madrid de regagner son influence et d’affirmer l’unité espagnole face à des velléités d’autonomie toujours croissantes de la Catalogne, tout en insufflant une nouvelle dynamique, bien plus positive, à l’échelon européen.

Depuis 2008 et encore plus depuis fin 2011, l’Espagne a traversé une descente aux Enfers extrêmement rapide et douloureuse. Avec plus du quart de sa population active au chômage, une dette publique ayant doublée ces 5 dernières années et un déficit public encore largement supérieur à 5% tout en le conjuguant avec une croissance tout bonnement inexistante et le tout couronné d’une forte pression mise par ses partenaires européens pour mettre en œuvre des plans d’austérité, l’Espagne n’a pas encore effectué son rebond d’après-crise.

Toutefois, il semblerait que le plus dur soit passé. Bien qu’il faille se munir de pincettes lorsque de telles prévisions sont annoncées, le chômage devrait commencer à refluer dès 2014 et le retour à la croissance, certes faible, devrait montrer que le plus dur est désormais derrière l’Espagne. Surtout, signe que le retour de la confiance est à l’ordre du jour, le gouvernement a approuvé un projet de loi de finances ce vendredi 27 septembre qui se fonde sur des estimations revues à la hausse. Dans le même temps, sous l’effet d’importations en chute libre (le FMI prévoit -4,7% en 2013) mais d’exportations qui croissent (+3,2% attendu en 2013), la balance commerciale de l’Espagne tend de plus en plus vers l’équilibre. Cela souligne, entre autres, un rééquilibrage de l’économie espagnole vis-à-vis du reste du monde, ce qui réduit l’exposition de l’Espagne à des risques économiques venus de l’étranger tels qu’une dette détenue par des non-résidents.

Une bonne nouvelle pour l’Union Européenne

Ces estimations positives offrent un bon bol d’air à l’UE qui semble véritablement à la peine pour aider à faire repartir les économies ayant le plus souffert lors de la crise. Si la quatrième économie de la zone euro parvient à émerger de la crise, cela facilitera grandement les marges de manœuvre des différents acteurs politiques et économiques de la zone et leur permettra donc de penser une vision pour l’Europe de demain, sans avoir besoin de parer au plus pressé tous les 4 mois pour venir au secours d’un Etat-membre en difficulté.

Dans le même temps, la reprise permettra à Madrid de récupérer un peu de sa puissance au sein même de l’Espagne, notamment vis-à-vis des Catalans qui ont manifestés en masse le 11 septembre dernier pour exprimer leur volonté d’indépendance. Si ces velléités peuvent nous paraître d’un autre âge (les manifestants font notamment référence à la prise de Barcelone en 1714, date de la réduction importante de l’autonomie de la Catalogne) et que les espoirs catalans ont notamment été douchés par des voix venues de l’Union Européenne affirmant que leur indépendance reviendrait à sortir de l’UE, il n’en reste pas moins que cet indépendantisme chronique sape considérablement les efforts de Madrid pour faire sortir l’Espagne de la crise. Espérons que 2014 apportera à l’Espagne de la sérénité pour mener à bien sa politique de sortie de crise économique !

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