David Cameron, le nouveau Thatcher ?

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Durant les cinq ans au cours desquels David Cameron a tenté de reconstruire le parti conservateur, alors dans l’opposition, les sondages d’opinion montraient que les électeurs avaient du mal à imaginer quel premier ministre il pourrait être. Tout cela à cause d’une image persistante d’un homme compatissant, mais aux idées floues.

Mais plus de trois mois après son arrivée au 10, Downing Street, Cameron est devenu l’un des premiers ministres les plus actifs des temps modernes, rivalisant avec Mme Thatcher, ses privatisations à tout-va et ses politiques libérales. Avec sa batterie de mesures politiques, lui et sa coalition de conservateurs et de libéraux-démocrates ont proposé de coupler coupes dans le déficit (décidées au cours de l’élection du mois de mai) et grand effort pour mettre fin au concept très anglo-saxon de « gouvernement élargi ». Sa politique ressemble donc à une austérité économique « sauvage », en contradiction totale avec celle d’Obama, plus alarmiste concernant les coupes prématurées dans les dépenses gouvernementales, qui pourraient entrainer, selon lui, une nouvelle récession mondiale.

Cameron a un jour déclaré que « chaque pays [devait] faire face à son déficit budgétaire, mais la date à laquelle il le fait peut varier ». Et varier significativement, comme le gouvernement de Cameron l’a montré. En juin, un budget d’une extrême sévérité a été proposé, supposé réduire de 25% dans les cinq prochaines années certains budgets. Mais cela s’est révélé être le seul moyen pour un pari ambitieux – mais politiquement risqué -, censé lutter contre la bureaucratie britannique. S’il réussit, alors les avantages sociaux seront réduits, les programmes des travaillistes accusés à l’époque d’être « intrusifs » remis en cause.

En tant que chef de l’opposition, Cameron s’est créé une réputation d’homme fade. Après le 6 mai 2010, tout a changé. Pour obtenir la majorité parlementaire, il a dû s’allier avec le leader des lib-dems, Nick Clegg. Les deux hommes ont dessiné une nouvelle manière de gouverner la Grande-Bretagne. Leurs mesures pour couper les dépenses vont plus loin que les mesures de Thatcher. Leur politique apparait comme l’exact opposée de celle des treize dernières années, au cours desquelles le pouvoir de l’Etat s’était accru comme jamais (sauf en temps de guerre), si bien que 20% des actifs travaillaient pour l’Etat ! Shocking pour la terre du capitalisme !

La politique de Cameron et Clegg apparait bien comme visionnaire. Au mieux, ils devront faire face pendant des mois (des années ?) à des oppositions, même dans leurs propres partis, des syndicats surement revigorés et une bureaucratie latente. Leur politique peut casser leur coalition, s’il s’avère que des personnes comme Obama ont raison au sujet des coupes budgétaires. Mais on ne peut que les respecter pour leur politique très osée, risquée, au temps où le poids des conservatismes fait froid dans le dos…

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