Mauvais début d’année pour Angela Merkel : un euphémisme.

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A deux ans des législatives en Allemagne, la situation d’Angela Merkel est plus que compromise. Affaires internes, absence à l’extérieur sauf en Europe pour se mettre la moitié du continent à dos, et même catastrophes naturelles. Tout semble se liguer pour faire du dernier mois de mars et de ce mois d’avril les pires que la chancelières ait connu.

En Allemagne d’abord, son ministre de la défense, le très médiatique Karl-Theodor zu Guttenberg, essayait d’imposer une réforme du service militaire et du contingent plutôt impopulaire chez les militaire lorsqu’une affaire de plagiat l’éclaboussa le 22 février. Il avait plagié des pages entières de sa thèse. Obligé de démissionner, remplacé au pied levé par Thomas de Maizière alors ministre de l’intérieur, l’affaire a d’autant plus handicapé Angela Merkel qu’elle avait couvert Guttenberg jusqu’au bout. Au niveau européen, le pacte de compétitivité, certes édulcoré par la France, a déclenché une levée de boucliers de pays comme l’Autriche (qui souhaite ne pas repousser son âge de départ à la retraite), l’Irlande (qui souhaite conserver son seul avantage : son taux d’imposition à 12%) ou encore le Portugal qui a récemment changé de premier ministre. Mais les critiques s’élèvent aussi de l’intérieur : la Fédération des syndicats allemands (DGB) a fait une déclaration commune le 23 Mars avec la CGT, la CFDT, FO, l’Unsa et la CFTC pour dénoncer le nivellement par le bas et la vision purement comptable que constitue, selon eux, ce pacte. Angela Merkel est accusée, avec Nicolas Sarkozy de s’attaquer aux droits sociaux des salariés en Europe.

Vous pensiez que c’était fini ? Le 15 mars, l’un des réacteurs de la centrale de Fukushima s’emballe, faute de mesures de refroidissement efficaces, et surchauffe. La situation va continuer d’empirer jusqu’aujourd’hui. Quel rapport avec l’Allemagne ? Dans un pays extrêmement sceptique vis-à-vis du nucléaire et qui était sur le point de fermer ses centrales, puis qui a décidé, faute de trouver une énergie aussi puissante en remplacement, de les prolonger, la catastrophe de Fukushima a eu un effet considérable. Et lors des élections « régionales » du 27 mars, le land du Baden-Württemberg, à droite depuis 1953, a basculé à gauche. La coalition d’Angela Merkel boit la tasse, surtout depuis qu’a été révélé à la presse, juste avant le premier tour, que l’intention d’Angela Merkel de fermer sept centrales nucléaires tenait de la simple posture politique. Enfin, le non engagement de l’Allemagne en Libye torpille sa demande d’accès au conseil permanent de sécurité de l’ONU. Mais Angela Merkel, alors à la veille des élections ne pouvait aller contre les positions de ses alliés libéraux…auxquels son ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle appartient.

L’année 2011 doit encore voir passer six scrutins régionaux et si Angela Merkel ne reprend pas rapidement la situation en main, une action qui n’est pas dans les habitudes de la chancelière, ils ne manqueront pas de rappeler que la fin du monde pourrait bien arriver pour la CDU en 2011 et non en 2012.

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