Belgique : l’histoire d’une crise politique et communautaire sans équivalent (1/2)

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Quatre ans après le début de la crise communautaire en Belgique, le pays est en passe d’assister à de profonds changements : ce samedi 8 octobre 2011, huit partis francophones et flamands sont parvenus à trouver un accord durable après de longs mois de négociations, réaffirmant par là les espoirs, les attentes, mais aussi les doutes.

Le record est de taille : État fédéral depuis 1994, date de la coordination de la Constitution belge, la Belgique aura été sans gouvernement pendant plus d’un an. Il faut dire que les divergences communautaires ne sont pas choses rares dans le pays d’Albert II : la fédération suppose la cohabitation de plusieurs mouvements distincts, pas forcément convergents de par leur identité propre, et bien souvent en désaccord du fait de prétentions différentes. Ainsi lorsqu’en juin 2007 la montée de revendications autonomistes flamandes émerge dans le pays, le scénario tourne vite à la catastrophe.

A l’occasion des élections législatives de 2007, une coalition fédérale est formée : jonction de plusieurs partis belges francophones et flamands, celle-ci est alors davantage le théâtre de tensions que de discussions, finit par céder sous la pression du désaccord : en août 2007, soit deux mois à peine après la mise en place de la coalition, Yves Leterme, Premier ministre belge alors désigné pour mener à bien ce projet de gouvernement fédéral abandonne, signifiant par là le début d’une crise durable dans le pays.

Depuis, certes quelques tentatives ont bien été menées pour dégager le pays de cette torpeur insoutenable, mais toutes ont fini par échouer : en l’espace de quelques mois les gouvernements transitoires se succèdent, mais tous connaissent le même dénouement : la faillite.

Avril 2010 constitue un tournant dans la crise belge : réintroduit Premier Ministre du Royaume de Belgique en novembre 2009 à la place de Herman Van Rompuy parti diriger l’Union Européenne, Yves Leterme réabdique le 22 avril 2010 suite au blocage des discussions entre partis flamands et francophones.

Un cabinet de transition est alors chargé de s’occuper des affaires courantes du pays, la Belgique reste sans gouvernement.

Les élections législatives de juin 2010 entèrent définitivement tout espoir : malgré la percée de la Nouvelle Alliance flamande (la NV-A) dirigée par Bart de Wever, le pays connaît à nouveau des difficultés à former un gouvernement, si bien qu’aucun véritable gouvernement ne verra finalement le jour.

En dépit des désaccords, en particulier sur la question des transferts de compétences entre État fédéral et entités fédérées, Albert II décide en février 2011, face à la crise économique mondiale, d’élargir les pouvoirs du cabinet aux affaires budgétaires, économiques, sociales et financières en vue « d’assurer la prospérité du pays et le bien-être des Belges » et d’autoriser la tenue d’un budget conforme aux critères de convergence de l’Union Européenne.

L’accord trouvé ce samedi 8 octobre 2011 entre les huit partis francophones et flamands entérine donc un record mondial de 481 jours passés sans gouvernement : mais celui-ci sera t-il suffisant pour rétablir l’ordre politique dans le pays?

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