La cyberguerre franchit un nouveau palier avec la découverte du virus “Flame”

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L’utilisation du cyberespace par les gouvernements refait son apparition dans l’actualité après la découverte d’un nouveau virus extrêmement puissant et complexe dénommé « Flame ». Une fois de plus, le Proche Orient et plus spécifiquement l’Iran semblent en être les cibles.

Après son arrivée à la maison blanche, le président Barack Obama a intensifié une campagne secrète de cyber-attaques contre le programme nucléaire de l’Iran, créée sous l’égide du gouvernement Bush. Les Etats-Unis, appuyés par Israël, réussirent à désactiver 1000 centrifugeuses de la centrale de Natanz en Iran. Le virus se répandit sur la toile par la suite. Cette attaque présentait aussi l’avantage de désamorcer les inquiétudes d’Israël quant à une éventuelle guerre ouverte avec le pays dirigé par Mahmoud Ahmadinejad. En 2010, le virus fut, involontairement, propagé sur Internet via l’ordinateur infecté d’un scientifique iranien. Le virus fut alors baptisé « Stuxnet », s’étendant dans plusieurs pays comme l’Indonésie, l’Inde ou encore les Etats-Unis. C’est le New York Times qui a révélé que l’existence de ce programme de cyber-attaque était le fait du gouvernement américain. Officiellement les Etats-Unis ont niés leur implication, mais plusieurs dirigeants américains se sont confiés anonymement.

Un logiciel plus récent vient de surgir, il opérerait depuis déjà deux années. Plusieurs pays sont touchés : Iran, Palestine, Soudan, Syrie, Liban, Arabie saoudite et Égypte. Mais encore une fois, c’est l’Iran qui semble la cible principale de cet attaque. Surnommé « Flame », il a été découvert par les équipes de l’éditeur russe de logiciels antivirus Kaspersky Lab. Il surpasse « Stuxnet » dans sa complexité technique qui est quasiment inégalée.

L’intelligence de “Flame” est de ne pas pouvoir se démultiplier seul, à l’instar de Stuxnet, ce qui a permis de retarder sa découverte. Cette cyber-arme extrêmement évoluée mettra selon un employé de Kaspersky « dix ans » à être totalement analysée contre « seulement » six mois pour “Stuxnet”.

Si on connaît les effets que peut provoquer ce virus malveillant, l’origine de Flame demeure inconnue. Pourtant les caractéristiques proches entre “Flame” et “Stuxnet” font se diriger les regards vers les Etats-Unis et Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères n’a, contre toute attente, pas réfuté la théorie selon laquelle Israël serait impliqué dans la propagation de ce virus. Il a d’ailleurs approuvé cette démarche qualifiant cette cyber-attaque comme « justifiée, pour quiconque considère la menace iranienne comme une menace significative».

Cela démontre que la cyberguerre, très développée en théorie mais dont les pratiques restent assez sibyllines a bel et bien été engagée, et ce depuis quelques années. Les Etats s’en cachent de moins en moins et progressivement le voile se lève. En janvier dernier, le ministère américain de la défense a d’ailleurs déclaré vouloir : « mener des campagnes armées combinées dans tous les domaines : terre, air, mer, espace et cyberespace ». La nouvelle donne, de cette guerre dans le cyberespace, est que les pays les plus susceptibles d’être durement touchés sont finalement les plus développés.

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