Sommet sur le Liban entre l’Arabie Saoudite et la Syrie

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Le roi saoudien Abdallah et le président syrien Bachar El-Assad se rencontrent ce jeudi à Damas pour discuter d’un certain nombre de sujets. Celui qui retient le plus l’attention est certainement le cas libanais. Cinq ans après l’assassinat du premier ministre pro-occidental Rafic Hariri, une enquête internationale est toujours en cours pour traduire en justice les coupables. Or, très certainement, des membres du parti Hezbollah, à l’époque soutenu par le régime syrien et considéré par les occidentaux comme un « Hamas bis », ont coopéré et agi pour perpétrer cet assassinat. Ainsi, la Syrie craint véritablement d’en être également accusée, de facto.

Mais que cette rencontre peut apparaitre paradoxale, tant les politiques internationales de deux pays ont pu être contradictoires (et le sont encore aujourd’hui sur certains sujets) ! Alors que l’Arabie Saoudite est l’un des plus fidèles alliés des Etats-Unis, le régime d’El-Assad a fait un temps partie de « l’axe du mal » bushien, notamment après avoir été accusée du meurtre d’Hariri, sunnite, très proche des intérêts saoudiens. D’ailleurs, peu après cet assassinant, la « Révolution des cèdres » éclata, fondée sur une  coalition pro-américaine et saoudienne, entrainant le retrait des troupes syriennes du pays (une première depuis 27 ans). Autant dire qu’une telle rencontre aurait difficilement pu être possible cinq ans auparavant.

Cette enquête internationale pourrait donc bien rendre le Hezbollah entièrement responsable de cette attaque. Néanmoins, comme le Hamas en Palestine, il possède un grand rôle dans la vie politique libanaise, participant au gouvernement d’unité nationale et étant surtout le principal parti d’opposition. Pas facile donc de mettre en prison ses responsables, notamment Hassan Nasrallah, qui a d’ores et déjà considéré le tribunal international chargé du cas Hariri de « complot israélien ». Une accusation de ce parti chiite pourrait relancer la lutte fratricide entre plusieurs communautés libanaises, notamment avec les sunnites, comme en 2008, quand Beyrouth avait été à feu et à sang.

La Syrie est donc au cœur de toutes les préoccupations. A-t-elle vraiment vendu des missiles Scud au Hezbollah ? Jusqu’à quel point soutient-elle vraiment l’Iran ? Elle pourrait se racheter une conduite si elle encourage les Palestiniens à reprendre des discussions de paix directes avec Israël, comme le souhaitent les Etats-Unis. Reste que son statut dans la région reste trouble : antisémite, pro-iranien ?

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