Trois vérités sur l’Etat islamique

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Beaucoup d’incertitudes sont relayées au sujet de l’Etat islamique gagnant jour après jour du terrain en Syrie et en Irak. Néanmoins il parait opportun à ce stade d’exposer trois vérités, loin d’être évidentes à entendre…

Un chaos ambiant en Syrie et en Irak encore durable
Un chaos ambiant en Syrie et en Irak encore durable

L’Etat islamique gagne du terrain grâce à des armes occidentales – VRAI

Que l’Occident n’apprenne pas de ses erreurs, cela ne doit plus surprendre. En effet, tout comme une part non négligeable des armes envoyées en Libye au moment de la chute de Kadhafi s’est retrouvée entre des mains d’ennemis de l’Occident, la même chose se produit actuellement en Syrie. En effet, dans leur plan monté à la va-vite pour détrôner Al-Assad, les occidentaux ont choisi de livrer des armes à la rébellion, plus ou moins de manière officielle. Or, la partie la plus « fidèle » à l’Occident ne représentait en réalité qu’une minorité au sein de ce nous avons appelé l’Armée syrienne libre. Aujourd’hui, l’Etat islamique a réduit cette opposition à peau de chagrin et a même intégré certains de ses combattants, y compris leurs armes. Il a même été révélé que John McCain, sénateur américain, avait rencontré mi-2013 le chef de l’Etat islamique, Al-Baghdadi, lors d‘une rencontre avec l’ASL. Ce simple constat ne peut que jeter un doute sur la réelle composition de l‘ASL au moment de leur soutien.

Vous et moi achetez du pétrole vendu par l’EI – PROBABLEMENT

Il ne s’agit pas ici de blâmer les pays étrangers interférant dans le conflit, car il est évident que la situation depuis trois ans porte à confusion. Néanmoins, au fur et à mesure des avancées de l’EI, notamment en Irak, le mouvement djihadiste s’est emparé de champs pétroliers encore en état de fonctionnement. Résultat, le groupe est désormais capable de faire de la contrebande de pétrole, accroissant sa manne financière. Ce pétrole est très probablement vendu à des businessmen étrangers peu scrupuleux mais surtout exporté en profitant des frontières poreuses de la région, par exemple vers la Turquie. C’est à ce stade-là qu’il devient impossible de tracer vers où ce pétrole est acheminé. Reste-il en Turquie ou est-il ajouté à du pétrole « légalement » obtenu et exporté depuis le terminal de Ceyhan ? Il n’en reste pas moins qu’endiguer ce constat demeure difficile tant les zones de non-droit autour de la Syrie sont étendues et non-contrôlées. Mais, après tout, un embargo a été décidé contre la Russie pour un autre motif. Pourquoi pas contre l’EI ?

L’EI est l’organisation terroriste la plus riche au monde – VRAI

Grâce à ses armes (ou plutôt celles qu’il a obtenu), l’EI contrôle désormais un fructueux commerce pétrolier. Mais la majeure partie de ses finances provient du pillage de banques tout au long de son expansion. La banque centrale de Mossoul a ainsi été pillée cet été, rapportant au moins 500 millions de dollars au mouvement. Ainsi, en dollars courants, il est désormais plus riche (même si, évidemment, les estimations valent ce qu’elles valent…) qu’Al-Qaïda durant les années 1990, apogée du mouvement. Evidemment, lorsqu’on estime le désordre causé par Al-Qaïda avec l’argent de l’époque, il y a de quoi facilement avoir peur de l’utilisation de cette manne financière par un mouvement beaucoup plus violent tel que l’EI. Charge aux Etats de la région d’endiguer le fléau, s’ils le peuvent encore…

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