Affrontements à la frontière israélo-libanaise

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En 2006, 24 ans après l’invasion du Sud-Liban par Isräel, un conflit de 34 jours né d’une altercation entre le Hezbollah et l’armée israélienne éclate entre ces deux pays et est à l’origine de plus de 1360 morts, dont plus de 1200 Libanais (essentiellement des civils) contre 160 Israéliens (majoritairement des soldats). Depuis, les incidents se multiplient, les accusations et les tirs de roquettes se répètent inlassablement.

Hier, l’armée israélienne entreprenait de déraciner des arbres au niveau de la « Ligne bleue » qui fait office de frontière entre Israël et le Liban depuis 2000 et le retrait israélien du Sud-Liban. Des violences éclatèrent alors, les Libanais accusant Israël de s’attaquer à un arbre sur leur territoire, faisant quatre morts, trois Libanais, dont un journaliste, et un Israélien. Les deux parties s’étaient alors rejeté la responsabilité de ces heurts.

La Force des Nations Unies au Liban (Finul) a cependant indiqué, tel un arbitre, que l’arbre en question se trouvait bel et bien sur le territoire israélien. Il a finalement été déraciné ce matin, au milieu de plusieurs dizaines de soldats libanais et israéliens. Mais ces événements, loin de donner du crédit à la Finul, ne fait que l’affaiblir : ses limites ont clairement pu être identifiées hier, puisqu’elle a été davantage spectatrice qu’actrice durant ces affrontements. L’impact des forces internationales dans cette région, on le voit, est faible dès qu’un incident éclate. La presse libanaise s’en est d’ailleurs violemment pris à la Finul, la qualifiant d’ « impuissante ».

Le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a de son côté expliqué qu’Israël avait eu une réaction juste et proportionnée, et a appelé à ce qu’il n’y ait « pas d’escalade ». De son côté, le Liban a pu constater, comme le lui a déclaré hier le président syrien Bachar al-Assad, que la Syrie « se tient au côté du Liban », tout comme la Jordanie. Le Liban a prévenu qu’il riposterait à toute nouvelle agression israélienne. Hasan Nasrallah, chef du Hezbollah, a de plus averti de représailles « partout où l’armée libanaise sera agressée ». Les Occidentaux, Etats-Unis en tête, ont quant à eux appelé à une retenue extrême, afin d’éviter tout envenimement de la situation, tandis que l’ONU a dans le même temps déclaré sa préoccupation.

La situation semble se calmer et un nouveau conflit majeur sera sans doute évité : mais pour combien de temps encore ?

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