Les attentats du 31 décembre rappellent la situation précaire des Chrétiens du Proche–Orient

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Les récents attentats commis à Alexandrie dans la nuit du 31 décembre (une fête considérée comme chrétienne au Proche-Orient) devant l’église copte des Saints, Al-Qaddissine, et qui ont provoqué la mort de 21 personnes, sont un indicateur de plus de la situation on ne peut plus précaire des Chrétiens du Proche–Orient. Ils font directement écho au tragique épisode du 31 octobre à Bagdad, jour du massacre de 54 chrétiens, abattus à coups de fusil dans une église syriaque catholique. Depuis dimanche, la situation s’envenime dans les rues du Caire, où jeunes croyants coptes et policiers s’affrontent. Les incidents auraient déjà faits pas moins de 45 blessés dans les forces de l’ordre. Les appels au calme et à la protection des chrétiens d’Orient par le Pape Benoît XVI et différents politiciens occidentaux n’ont pour l’instant pas suffit à calmer les esprits, et ont même été vigoureusement critiqués.

Les chrétiens d’Egypte représentent entre 8 et 10% de la population du pays, soit entre huit et dix millions de personnes. Leur rôle n’est donc pas négligeable, et pourtant, ils n’ont qu’un statut de citoyen de seconde zone. On peut noter par exemple qu’ils n’ont pas accès au postes de haut rang dans la fonction publique.

Les faits récents illustrent bien la situation des chrétiens d’Orient, à l’exception de quelques pays où ils se trouvent être en position de force, comme au Liban, ou bien plus ou moins tolérés, comme en Jordanie. Faut-il en conclure que l’alternative pour eux est de « partir ou mourir » ? Le spécialiste français des religions, Odon Vallet, rappelle dans une interview donnée au magazine Le Point qu’on ne peut pas vraiment établir de généralités sur le sort des communautés chrétiennes au Proche–Orient et que, si en Irak, le choix est clairement entre « la valise ou le cercueil », en Egypte, il est « plus fréquemment entre soumission et conversion ».

Plus globalement, sommes-nous sur la voie d’une disparition du christianisme dans la région ? Si l’on regarde sur le long terme, on ne peut répondre que par l’affirmative : le croissant fertile, qui fut le berceau de la chrétienté, n’accueille aujourd’hui plus que douze millions de ces croyants, autrement dit 0,5% de la communauté chrétienne mondiale. Et leur situation est d’autant plus précaire que tous ces croyants sont aujourd’hui divisés en une multitude d’Eglises de confessions différentes ! La situation pourrait pourtant se redresser si, avec le soutien des chefs d’Etat locaux, les communautés chrétienne et internationale mettaient un peu plus de panache à défendre les minorités catholiques et orthodoxes de la région…

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