Un effet secondaire des Révolutions arabes : les immigrations clandestines en forte croissance

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4000 personnes : un nombre exceptionnel, qui décrit tout à fait ce que la Révolution tunisienne a généré. 4000 migrants sont en effet arrivés ces derniers jours dans le sud de l’Italie, comme sur l’île de Lampedusa, située à quelques 130 kilomètres des côtes tunisiennes. Une migration pourtant facile à anticiper, mais la désorganisation régnant en Italie et en Europe plus généralement face aux flux migratoires est une nouvelle fois soulignée.

Le ministre de l’intérieur italien, M. Maroni (par ailleurs représentant de la Ligue du Nord, très connue pour sa rhétorique anti-immigration…), a beau critiquer le fait que l’Europe laisse l’Italie seule régler cette arrivée massive, on se demande bien quelles mesures pourraient être efficaces en Europe face à ces flux. Le problème, si problème il y a, est à la racine, c’est-à-dire de l’autre côté de la Méditerranée. Car ceux qui sont passés de supporteurs du régime à victimes du nouveau régime n’ont guère que d’autre choix que de quitter leur pays. Mais face à la désorganisation postrévolutionnaire, l’Europe ne peut que payer les pots cassés.

Ce phénomène met en lumière les échecs patents de l’UE en matière d’immigration. L’agence Frontex, l’agence continentale de sécurité frontalière, déjà critiquée en temps normal, apparait aujourd’hui dépassée par les événements. Chaque pays devra agir seul pour résoudre ses propres problèmes, et c’est donc l’Italie, Malte et plus à l’Est la Turquie (avec l’arrivée probable d’Egyptiens) qui devront pallier individuellement la défaillance des politiques européennes. Et certains de pointer du doigt l’arrivée de militants d’Al-Qaïda, profitant de la désorganisation générale pour entrer en Europe…

L’arrivée de forces de l’ordre italiennes et bientôt européennes sur le sol tunisien permettra normalement de réguler certains flux et d‘assainir la situation. Des bateaux et hélicoptères des pays riverains de la Méditerranée patrouilleront très bientôt en mer. Pour l’instant, aucun drame humain n’est à déplorer, mais si les conditions météorologiques venaient à changer, il y a fort à parier que plusieurs milliers de clandestins seraient en danger de mort.

Voilà donc les effets secondaires de cet hiver arabe (et non pas « printemps », comme on peut le lire par ci par là – le changement climatique y est peut-être pour quelque chose-) : des traités bilatéraux d’aides économiques et militaires à la Tunisie qui tombent à l’eau, faute de stabilité. Un événement qui obligera surement l’Europe à (enfin) discuter sur la question migratoire.

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