Vers la reconnaissance d’un Etat palestinien ?

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Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a remis cet après-midi  à Ban Ki-Moon la demande d’adhésion de la Palestine aux Nations Unis. Pour autant, avant la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU les démarches sont encore longues, et l’issue incertaine.

Lorsqu’il a remis sa lettre au secrétaire général de l’ONU, Mahmoud Abbas savait qu’il n’obtiendrait probablement pas  ce qu’il demandait, du moins avant longtemps. En effet, les Etats-Unis ont d’ors et déjà annoncé qu’ils y opposeraient leur veto en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité.

Par ailleurs, la demande impose à Ban-Ki Moon de saisir le Conseil de Sécurité dans les plus brefs délais, mais le vote peut être lui repoussé : le processus est susceptible de s’éterniser pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Il avait ainsi fallu un an à Israël avant d’être reconnu en tant qu’Etat par l’ONU en 1949.

Si les négociateurs palestiniens tiennent tant à engager les démarches, c’est afin de montrer leur sérieux à la communauté internationale, mais aussi leur déception devant l’échec de la diplomatie d’Obama et de ses prédécesseurs depuis les accords d’Oslo en 1993. Aujourd’hui, 60 % des douze  millions de Palestiniens vivent toujours en exil, environ 300 000 colons israéliens habitent encore en Cisjordanie, et les habitants des territoires palestiniens sont soumis à un contrôle israélien permanent.

Depuis 1974,  la Palestine dispose d’un statut d’observateur aux Nations Unies en qualité d’entité. Prévenant le veto américain,  Nicolas Sarkozy a proposé une nouvelle solution : un statut d’observateur toujours, mais en qualité d’Etat, sur le modèle de celui accordé au Vatican. Ce qui lui octroierait des droits supplémentaires, comme celui de devenir membre d’organisations internationales. Par conséquent, cela lui permettrait de saisir la Cour Pénale Internationale, contre Israël par exemple, ce que veut absolument éviter le président Français.  Cette alternative fait partie de celles que le représentant de l’Autorité palestinienne se dit « prêt à étudier », même si Israël a déjà fait savoir son refus.  La lenteur de la procédure enclenchée peut  ainsi apparaître comme l’une de ses principales vertus, car elle va permettre de donner le temps de la réflexion aux deux parties.

Le processus de paix israélo-palestinien n’est désormais plus chasse-gardée des américains : la négociation, pour aboutir, devra  être multilatérale. Même si l’issue des négociations est inconnue, une certitude demeure : le chemin est encore long avant l’établissement d’une cohabitation pacifique.

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