La Syrie suspendue indéfiniment des instances de la Ligue arabe

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Le plan de sortie de crise proposé la semaine dernière par la Ligue arabe est mort-né : espoir d’un arrêt définitif des violences dans le pays et de la libération sans concession des prisonniers politiques détenus par le régime, celui-ci fut accepté sans jamais véritablement être appliqué, et Bachar el-Assad continue encore aujourd’hui, à mener une répression sanglante contre toute tentative d’opposition à sa volonté. C’est en réponse à cet acte que la Ligue arabe a décidé ce samedi 12 novembre 2011, de sanctionner le régime syrien en le suspendant indéfiniment de ses instances.

Jamais le régime baasiste n’aura connu de telles tensions depuis la fin de la seconde guerre mondiale : amorcée en mars 2011, soit deux mois à peine après le début des contestations populaires en Syrie, la répression a causé la mort de plus de 3500 personnes depuis le début de l’année et signifié selon l’ONU, l’accroissement sans précédent des prisonniers politiques détenus par le régime : à la mi-septembre ce nombre s’établissait aux environs de 15000, et il y a fort à parier que depuis, ce bilan s’est encore aggravé sous la pression du régime de Bachar el-Assad et de son armée.

Et ce ne sont ni les semblants d’embargos décrétés par l’Union européenne ni les brèves ébauches de résolutions adoptées par l’ONU qui auront permis d’améliorer le sort de la population syrienne :

A aucun moment Bachard el-Assad et son armée n’auront été véritablement inquiétés au cours de ces derniers mois, les diverses volontés internationales semblant décidément connaître bien des difficultés à s’entendre face à la persistance du problème syrien.

Aussi la mesure de rétorsion adoptée hier par la Ligue arabe à une large majorité (18 pays sur 22) contre la Syrie fut-elle accueillie avec les plus grandes éloges par la plupart des pays occidentaux : réponse au comportement hypocrite du régime syrien, celle-ci organise l’exclusion provisoire de la Syrie des instances de la Ligue arabe, tout en appelant par ailleurs au retrait des ambassadeurs arabes présents à Damas tant que le régime syrien n’acceptera pas de mettre en œuvre le plan de sortie de crise proposé par la Ligue.

Jugée « illégale et contraire au traité » par le régime syrien et son ambassadeur Youssef Ahmad auprès de la Ligue arabe, cette décision a entrainé de vives réactions et contestations à l’intérieur du pays, des dizaines de milliers de manifestants s’étant rassemblés ce matin à Damas pour soutenir le régime de Bachar el-Assad et son armée.

La transition est donc périlleuse et difficile à mettre en place dans un pays qui ne connaît pas la paix; mais le terrain gagné par l’opposition grandit sans cesse : créé trois mois plus tôt en Syrie, le Conseil National Syrien (CNS) accumule les succès et semble bien préparé à remettre en question une fois pour toute, la légitimité du pouvoir de Bachar el-Assad et de son régime : l’opposition sera attendue le 15 novembre prochain au Caire pour discuter d’un projet de transition de la Syrie.

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