Comprendre l’obsession occidentale vis-à-vis de l’Iran

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C’est un fait, l’Iran inquiète les pays occidentaux, inquiétude exacerbée par la crainte de l’obtention prochaine de l’arme nucléaire par Téhéran. Tout le contraire de l’obtention réalisée par le passé par Israël ou l’Inde notamment.

Aujourd’hui, il est patent qu’un axe américano-israélien s’est créé pour faire face à la menace iranienne. Pour Israël, on comprend aisément pourquoi l’Etat hébreu est aussi actif : il est très probable qu’une quelconque attaque nucléaire iranienne vise en tout premier lieu l’Etat hébreu. Pour les Etats-Unis, outre le soutien infaillible pour Israël, les raisons d’un tel investissement paraissent plus floues. Il y a bien longtemps que l’action américaine pour la paix mondiale est bien plus théorique qu’effective. Il faut en réalité comprendre cette posture américaine à travers l’histoire contemporaine et une année en particulier : 1979. L’année d’une rupture idéologique, économique, politique, et potentiellement perpétuelle. Depuis lors, les Présidents américains n’ont de cesse de pointer l’Iran du doigt (rappelons que l’Iran faisait partie de l’ « Axe du mal » de G.W. Bush bien avant Ahmadinejad).

Une inquiétude enfin réaliste
D’autres pointeront l’existence d’un quelconque axe sioniste visant à préserver l’intérêt d’Israël. Mais au-delà de ces affirmations dénuées de sens, il est désormais clair que nous nous rapprochons du but ultime recherché par les deux parties, c’est-à-dire une confrontation directe. Telle est la volonté des deux acteurs, mais nombre d’experts demeurent très sceptiques face à cette orientation, pointant du doigt la réalité de la faiblesse militaire iranienne ainsi que la réelle volonté israélienne d’entrer dans un conflit potentiellement suicidaire.
Au-dessus de tout ça, ce sont en fait tous les autres acteurs de l’économie-monde qui devront avoir le dernier mot. Laisser une action unilatérale préventive visant les centrales iraniennes, ou se laisser influencer par la rhétorique volontiers minimaliste de Téhéran s’avérerait dangereux. Les sanctions économiques visant l’Iran doivent perdurer, provoquant très probablement à terme une dislocation interne du régime, malgré ses « dommages collatéraux » (hausse du prix du pétrole par exemple). L’appel à la retenue lancé à Israël doit également demeurer.
Depuis plus de trente ans, l’Iran est considéré par certains comme un paria de la marche du monde, à cause de sa posture volontiers anti-occidentaliste. Mais c’est seulement depuis quelques années qu’il représente une menace réelle pour l’avenir de l’économie-monde. A force de perpétuellement croire que le danger est patent et permanent, on oublie aisément que les menaces sont en réalité épisodiques et brutales. Espérons que cela ne soit pas trop préjudiciable…

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