L’année 1993 : un nouvel ordre mondial en quête d’unité

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L’année 1993 est symbolique d’un monde en recomposition, deux ans après la chute de l’URSS. Alors qu’en Europe, les pays de l’Union Européenne se dirigent vers plus de coopération interétatique, l’Afrique est traversée par les guerres civiles, tandis que la Russie peine à gérer la situation post-Guerre Froide.

L' accord historique entre Yithzak Rabin et Yasser Arafat le 12 septembre 1993, un espoir pour la communauté internationale
Sous les yeux du président Clinton, l’ accord historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat le 12 septembre 1993 à propos du conflit israélo-palestinien

Le 1er janvier 1993, le Marché Unique de l’Union Européenne entre en vigueur. Il s’articule autour de la liberté de circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. Il est une des étapes fondamentales dans la construction européenne, puisqu’il met en pratique les idéologies supranationales véhiculées depuis les débuts de la construction européenne. Le Traité sur l’Union Européenne (ou Traité de Maastricht) entre en vigueur le 1er novembre. Au volet économique de l’Union Européenne, il ajoute un volet judiciaire (Cour de Justice Européenne) et un volet sécuritaire. Il instaure l’appellation « Union Européenne » ainsi qu’une Union Européenne Monétaire, prévoyant notamment l’établissement d’une monnaie commune.

En Afrique, le tout premier président burundais élu démocratiquement, Melchior Ndadaye, est assassiné le 21 octobre par des insurgés Tutsis qui tentent un coup d’état. Cet incident signe le début d’une guerre civile entre Hutus et Tutsis, à la fois au Burundi, puis au Rwanda voisin en 1994. En Somalie, l’opération Restore Hope, menée par les américains pour restaurer la paix, se solde par un échec. Ne parvenant pas à neutraliser les centres névralgiques de l’opposition au pouvoir de Mogadiscio, les Etats-Unis prennent de plus en plus de distance avec le protocole onusien en bombardant des zones « présumées » dangereuses et tuant de nombreux civils somaliens.

En Amérique latine, la crise de la dette des années 1980 a poussé les économies sud-américaines à se  soumettre aux principes du Consensus de Washington. Une grande vague de libéralisation secoue les économies brésilienne, argentine et mexicaine au début des années 1990. Le but est de réduire l’inflation par la privatisation des secteurs les plus touchés (notamment l’agriculture). Fernando Cardoso, nommé le 19 mai 1993 ministre de l’économie brésilienne (et futur président), lance le plan Réal qui vise, par un contrôle strict de la masse monétaire, à résorber une inflation galopante qui atteint 2500% en 1993.

Aux Etats-Unis, Bill Clinton entre en fonction le 20 janvier 1993. Il est confronté à des systèmes éducatifs et de santé en déliquescence et à une baisse notable de la valeur des entreprises américaines, notamment face à la concurrence accrue du Japon. Bénéficiant d’une conjoncture économique favorable (plus de 3% de croissance depuis 1992 et une inflation aux alentours de 2%), il promet de réduire drastiquement le déficit budgétaire (en augmentant fortement les impôts sur les hauts et moyens revenus), et de réformer le système éducatif en orientant le système vers la formation aux nouvelles technologies, de façon à redonner aux entreprises américaines un leadership mondial. Sur le plan international, le président Clinton entreprend en 1993 des négociations avancées dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Les accords de Washington (qui font suite aux négociations menées à Oslo entre Bill Clinton, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat), sont signés le 13 septembre 1993. Ils prévoient l’autogouvernement palestinien de la bande de Gaza et de Jéricho. L’accord est un élan d’espoir pour la communauté internationale, mais il sera mis à mal à la fin des années 1990, et se soldera finalement par un échec.

En Russie enfin, le mois d’octobre 1993 est secoué par de violents incidents au Parlement. Conseillé par son Premier Ministre Egor Gaïdar, Boris Eltsine veut lancer la Russie sur une vague de libéralisation et d’ouverture aux capitaux étrangers, en utilisant une « thérapie de choc ». Cette politique est aux antipodes des idées parlementaires, et la crise éclate entre les deux camps. Après de violentes manifestations tout au long du mois de septembre, une insurrection pro-Parlement est lancée le 2 octobre par Alexandre Routskoi et Rouslan Khasboulatov, la mairie de Moscou est assaillie de manifestants. En guise de représailles, Boris Eltsine ordonne le 4 octobre le bombardement du Parlement, faisant officiellement 150 morts. La répression violente des manifestations fait taire les opposants et la « thérapie de choc » est officiellement lancée en décembre 1993.

En bref :

3 janvier : signature des accords START 2 entre Georges Bush et Boris Eltsine. Les accords prévoient le désarmement progressif des Etats-Unis et de la Russie en têtes nucléaires.

26 février : attentat au World Trade Center. Le bilan fait état de six morts et plus d’un millier de blessés.

24 mai : indépendance de l’Erythrée, dernier pays d’Afrique à proclamer son indépendance.

15 octobre : le Prix Nobel de la paix est attribué aux Sud-africains Frederik de Klerk et Nelson Mandela.

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