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Accord entre Damas et les rebelles dans la Ghouta

 

Le 22 juillet l’armée syrienne a annoncé un cessez le feu dans « la Ghouta » près de Damas. Il s’agit de la deuxième zone de désescalade prévue dans un accord entre la Russie, l’Iran et la Turquie. Un accord engagé depuis la conférence d’Astana en janvier dernier. Dans ce processus politique la Russie et l’Iran représentent le régime syrien, tandis que la Turquie négocie pour les rebelles. Au total l’accord signé entre les trois États prévoit quatre zones de cessez-le-feu. Après avoir créé une zone de désescalade dans le sud de la Syrie, celle appliquée à la Ghouta est chargée de symbole.

Les quatre zones de désescalade négociées entre la Russie, l’Iran et la Turquie.

En effet, ce fief de la rébellion syrienne a été le théâtre des bombardements au gaz sarin perpétrés le 21 août 2013 (1), marquant une rupture dans la dynamique du conflit syrien. Barack Obama avait adressé au régime syrien, une ligne rouge à ne pas dépasser : l’utilisation des armes chimiques. L’ancien Président américain s’est pourtant résolu à ne pas intervenir contre l’armée syrienne. Ce changement de politique a eu pour conséquence de diviser l’opposition syrienne et plusieurs groupes ont alors émergé pour former un Front Islamique.

Les modalités du cessez-le-feu

Si l’accord global a été négocié entre Moscou, Téhéran et Ankara au Kazakhstan, son application sur le terrain a été gérée par la Russie, qui a annoncé avoir trouvé un accord avec les rebelles syriens, lors de discussions qui se sont déroulées au Caire. Les deux parties ont ainsi défini les frontières des zones de désescalade militaire et des convois d’aide humanitaire ont été prévus dans les jours qui viennent. Des forces de maintien de la paix seront également envoyées afin de faire respecter le cessez-le-feu. Si la nature de ces forces étrangères n’a pas été précisée, il s’agira probablement d’une mission composée de militaires russes, iraniens et turcs.

Sur les quatre zones de désescalade ciblées, des accords ont donc été trouvé pour le sud de la Syrie et la Ghouta. Il reste encore à négocier le cas des provinces d’Homs et d’Idleb, où se sont réfugiés les rebelles vaincus à Alep. Alors que le conflit a fait plus de 330 000 victimes, le processus de désescalade permet de répondre à la question du chaos militaire en Syrie, sans pour autant trouver de solutions politiques pour l’avenir du pays. Après cinq premières rencontres entre janvier et juillet, les différentes parties devraient se retrouver à Astana à la fin du mois d’août.

(1) La Russie et l’Iran ont accusé l’opposition syrienne d’avoir utilisé les armes chimiques, tandis que les États-Unis, la France, Israël, le Royaume-Uni et la Turquie (entre autres) ont accusé le régime de Bachar al-Assad.

About Fabien HERBERT

Fabien Herbert est journaliste. Passionné par les relations internationales et la géopolitique, il se spécialise dans les zones Moyen-Orient et Russie/CEI. Pour me contacter : herbert.fabien@gmail.com

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