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Bangalore, la Silicon Valley indienne

 

Située au sud de l’Inde, la ville de Bangalore, capitale de l’État du Karnataka, est la troisième ville la plus peuplée du pays (8 443 675 habitants en 2011). Elle est considérée comme un centre universitaire, scientifique et économique majeure en Inde et dans le monde. Jumelée avec San Francisco, Bangalore avait été surnommée dès 2001 la « Silicon Valley indienne » par le magazine américain Bloomberg Businessweek. En 2004, Thomas Friedman avait déclaré que le « monde était plat » (1) suite à son séjour à Bangalore, voulant ainsi démontrer la convergence économique des pays.

Le siège d’IBM à Bangalore. Un tiers des employés de la multinationale américaine travaille en Inde.

La spécialisation économique de Bangalore a débuté dans les années 1970 sous l’impulsion de Ram K. Baliga, premier président de la Karnaka State Electronics Development Corporation (KEONICS). Cette agence d’état était chargée de développer l’industrie électronique dans l’Etat du Karnataka. C’est pour cela que R. K. Baliga a fait acheter au sud de Bangalore un vaste terrain pour y établir un parc industriel, qui ferait de la ville la « capitale de l’électronique ».

Bangalore a surfé sur la forte croissance du milieu de l’informatique dans les années 1990 en adoptant des politiques sectorielles (IT policy, 1997) en faveur des technologies de l’information. A ce moment, de grands noms du secteur s’implantent à Bangalore : Texas Instrument, IBM, Hewlett-Packard, Intel… On y compte aussi de grandes compagnies indiennes (notamment Infosys). Ces entreprises investissent massivement dans la recherche et le développement, dans la production de logiciels, et la mise au point de matériaux informatiques de pointe.

Aujourd’hui, Bangalore est un pôle de compétence d’importance mondiale. En 2015-2016, l’État du Karnataka a contribué à 7,54% au PIB régional de l’Inde. Entre avril 2000, et mars 2016, Bangalore a attiré plus de 20 milliards de dollars d’investissements directs de l’étranger (IDE) venant des États-Unis. En plus des multinationales, des institutions étatiques se sont installées à Bangalore, telle que l’Organisation indienne pour la recherche spatiale (budget de 1085 millions d’euros en 2015-2016).

Un bémol peut être apporté à ce développement florissant. Les élites politiques espéraient que ce boom de croissance propre à cette industrie, entraînerait le reste des secteurs économiques. De fil en aiguille l’ensemble de l’État connaîtrait une croissance comparable à celle de Bangalore. Ce modèle de développement est basé sur le principe vertueux de la percolation (théorie du ruissellement, « trickle down » en anglais). Cependant, malgré de nombreuses politiques basées sur des partenariats public-privé (PPP), la pauvreté reste un problème majeur dans la région. En 2013, selon la Banque de réserve de l’Inde, encore 20,91% de la population de Karnataka vivait en dessous du seuil de pauvreté. En outre, malgré des initiatives encourageant l’entrée des femmes dans le monde de l’entreprise, celles-ci restent marginalisées. Selon une étude menée en 2013, seulement 24 femmes sur 100 avaient un travail à Bangalore. Le monde n’est donc pas plat pour tout le monde.

(1) Thomas Friedman, The World Is Flat: A Brief History of the Twenty-first Century, New York, Farrar, Strauss and Giroux, 2005.

About Sophie GUILLERMIN-GOLET

Étudiante à Sciences Po Bordeaux (Bordeaux International Relations Degree), passionnée par les questions géopolitiques.

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