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L’Etat de l’Union enthousiaste de Jean-Claude Juncker

 

Le président de la Commission européenne a prononcé mercredi 13 septembre son allocution devant le Parlement européen. Ce fut l’occasion pour lui de défendre son bilan, à un an du terme de son mandat. Sa vision résolument optimiste promeut toujours plus de démocratie et de transparence dans une Union dynamique face à des défis stimulants.  

Tout d’abord, l’Union européenne (UE) connait sa cinquième année consécutive de croissance, plus forte aujourd’hui que celle des Etats-Unis. Cependant, le président de la Commission accentue le fait que « l’Europe ne se résume pas à son marché unique ». Il insiste ainsi sur les valeurs qui lui semblent fondamentales pour l’avenir de l’Europe : la liberté pour laquelle il faut encore se battre, l’égalité entre les membres et les travailleurs, assurée par une future autorité commune, et l’Etat de droit garanti par la Cour de justice de l’Union européenne. Cette mention fait écho aux récents agissements de la Pologne, mais aussi à la candidature de la Turquie. Le président assure que la main est toujours tendue à Recep Tayyip Erdogan pour entrer dans l’UE, bien qu’il condamne – entre autres – l’emprisonnement de journalistes européens.

Les 5 priorités à venir  

Jean-Claude Juncker se félicite d’ailleurs de l’accord concernant les migrants avec ce pays, puisque leur nombre a été réduit de 97% sur le flan oriental de la Méditerranée. Toutefois, il affirme que « l’Europe n’est pas une forteresse et ne doit pas le devenir, elle est et restera le continent de la solidarité ». D’autre part, du point de vue économique, l’Europe doit poursuivre le renforcement de son programme commercial. Des négociations, rendues publiques dans un objectif de transparence, ont ainsi été entamées avec le Japon, le Mexique et l’Amérique Latine et débuteront avec l’Australie. Néanmoins, l’UE ne sera pas naïvement ouverte au libre-échange. Une politique d’évaluation des investissements étrangers devrait protéger les « intérêts stratégiques européens », tels que les infrastructures énergétiques ou les ports. Par ailleurs, la compétitivité technologique de l’industrie en Europe reste une priorité.

En outre, l’Union Européenne jouera un rôle primordial dans la lutte contre le réchauffement climatique, dans le sillage de la Cop 21. Jean Claude Juncker souligne à cet effet la force de la diplomatie européenne, entendue et écoutée de tous. Enfin, la sécurité des européens à l’ère du numérique sera au cœur des réflexions de la Commission. Une agence européenne de la cybersécurité pourrait par conséquent voir le jour, notamment afin d’endiguer le terrorisme. Le président souhaite de même que la force de défense européenne soit opérationnelle à l’horizon 2025.

De multiples pistes de réflexions  

Enfin, des approfondissements sont à l’ordre du jour. La Roumanie et la Bulgarie devraient rejoindre l’espace Schengen d’ici peu, la présidence du Conseil européen (actuellement Donald Tusk) et celle de la Commission pourraient fusionner, un super-ministre européen des finances et de l’économie est également évoqué et le budget de l’UE devrait être accru… Autant de projets qui donnent une image dynamique et entreprenante à une Union pourtant mise à mal en cette année de Brexit. Jean Claude Juncker propose d’ailleurs qu’un sommet européen se tienne le 30 mars 2019 (date du départ effectif du Royaume Uni) à Siviu, en Roumanie (alors en charge de la présidence tournante du Conseil de l’UE) en signe de vitalité afin de réfléchir au nouveau projet européen.

L’Union Européenne est donc consciente des critiques, mais contemple une fenêtre d’opportunité qu’il faut saisir grâce au compromis. « Nous devons passer de la réflexion à l’action » affirme Juncker face à un Parlement où se détachent des sièges vides, « pour conquérir le coeur et la raison des européens ». Tel est le défi majeur à venir pour l’Union Européenne.

About Hugo CARRIE

Étudiant à HEC Paris, après deux années en classe prépa au lycée Sainte Geneviève.

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