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Les grands enjeux de l’eau dans la mondialisation (4/4)

 
Deux personnes boivent à l'aide d'une paille filtrante, qui filtre 99,999% des bactéries et impuretés.
Deux personnes boivent à l’aide d’une paille filtrante, qui élimine 99,9% des bactéries, virus et impuretés.

La multiplicité des enjeux liés à l’eau, notamment la nécessité d’assurer à chacun l’accès à une eau potable de qualité notamment pour des raisons sanitaires, et celle d’éviter la pollution et l’épuisement des stocks d’eau, dans un contexte toujours plus accru des ressources en eau, impose de mettre en œuvre des solutions au niveau mondial, tant sur le plan technique, économique, que politique.

 

Quelles solutions, quelles perspectives ?

Depuis le premier sommet de la Terre organisé à Rio en 1992, les dirigeants mondiaux se sont réunis plusieurs fois autour des enjeux de l’eau. Ils ont notamment inscrit, dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement, l’objectif de réduire d’ici à cette année de moitié le nombre d’habitants n’ayant pas accès à l’eau potable, et même si l’on sait qu’il est loin d’être atteint, cela illustre la volonté politique de s’attaquer au problème. En outre, depuis 2002, un rapport sur l’eau est publié tous les trois ans, et des sommets sont régulièrement organisés, le dernier ayant eu lieu en 2012 à Marseille. Depuis 1996, il existe même une journée mondiale de l’eau, qui a pour but de sensibiliser le public au problème.

Cependant, cette volonté politique se heurte à un impact de taille : l’incapacité de certains Etats à mettre en œuvre les solutions techniques nécessaires à l’accès de la population à une eau de qualité. L’insuffisance de leurs moyens, la corruption, l’ampleur pharaonique des travaux à mettre en œuvre voire la déliquescence de certains Etats ralentissent considérablement les progrès dans ce domaine.

À l’heure actuelle, seulement 5% de l’eau douce est gérée par les sociétés privées. Or, l’OMC et le conseil mondial de l’eau prônent d’avantage d’ouverture, de même que la Banque mondiale et le FMI, qui estiment que les investissements sont tellement coûteux qu’il faudrait ouvrir tous les marchés du Sud de la planète à la concurrence.

Dans ce contexte, les grands groupes privés (Véolia Water, Suez Environnement, Saur, Bechtel, RWE) qui disposent notamment des capacités techniques et financières pour mettre en œuvre la quête, le stockage, la transport et l’assainissement de l’eau, voient leur marché grandir à mesure que les autorités publiques décident de faire appel à eux pour trouver des solutions ou mettre en œuvre des procédés techniquement compliqués (comme les usines de dessalement par osmose inverse, par exemple). Par exemple, le français Véolia équipe depuis un an la ville Indienne de Nagpur, alors que son concurrent Suez Environnement, français également, a remporté un contrat d’exploitation pour l’un des quartiers de New Dehli.

Cependant, le PNUD (programme des nations unies pour le développement), ainsi que des ONG, rappellent que l’eau est un patrimoine commun de l’humanité, et qu’en tant que patrimoine commun, l’eau doit être au cœur des politiques publiques. Ces acteurs s’inquiètent d’une marchandisation de l’eau, et avaient lancé à Istanbul en 2007 au sommet de l’eau un appel à confier non seulement l’orientation des projets mais aussi la gestion de l’eau aux Etats, afin de faire baisser le prix de l’eau, d’améliorer la qualité des investissements et de la gestion. Néanmoins, cette ambition se heurte toujours à l’incapacité de certains Etats à mettre en place et gérer seuls leurs réseaux.

Peut-être la solution viendra-t-elle également en partie des initiatives au niveau local. Ainsi, l’apparition de nouveaux moyens techniques, comme une paille capable de filtrer mille litres d’eau, aussi sale et contaminée soit-elle, la rendant potable, ouvre la voie au développement de solutions locales centrées sur la mise en place de micro-réseaux adaptés aux moyens des populations locales.

Quoi qu’il en soit, il est certain que l’eau est une source de questionnements, Elle est au cœur des enjeux actuels, des questionnements de nos sociétés, et révèle le fonctionnement de la mondialisation en ce que l’accès à l’eau est source d’inégalités, source d’enjeux. Aussi, il est probable qu’à l’avenir, les problématiques de l’eau et de sa géopolitique prennent plus d’importance encore.

Dans la même série:

Les grands enjeux de l’eau dans la mondialisation (1/4)

Les grands enjeux de l’eau dans la mondialisation (2/4)

Les grands enjeux de l’eau dans la mondialisation (3/4)

About Paul ENJOLRAS

Actuellement étudiant en Master in Management à ESCP Europe, je suis passé par une classe prépa ECS à Janson-de-Sailly. Je suis passionné de géopolitique, et également membre du NOISE (Nouvel Observatoire de l'Innovation Sociale et Environnementale)

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