Armes chimiques utilisées en Syrie : à l’Est rien de nouveau ?

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C’est la nouvelle du jour : des armes chimiques sont, selon des reporters du journal Le Monde, utilisées par l’armée de Bachar el-Assad en Syrie face aux rebelles. Pourtant, cette nouvelle ne vient que confirmer les informations dont avaient fait part plusieurs pays, et notamment les Etats-Unis…

Invisible, inodore. Un gaz toxique, voire mortel en l’absence d’un traitement rapide. C’est dans la ville même de Damas que des reporters du Monde ont pu observer (et même partiellement subir) les effets d’armes chimiques utilisées à l’encontre des rebelles syriens.

C’était pourtant, selon le Président américain, Barack Obama, la limite à ne pas franchir par l’armée de Bachar el-Assad, la fameuse « ligne rouge ». Les Etats-Unis avaient ainsi rappelé à plusieurs reprises, notamment par la voix de John Kerry, que l’utilisation d’armes chimiques conditionnerait alors une intervention en Syrie. Or, depuis plusieurs semaines, les témoignages et vidéos montrant des rebelles syriens victimes de suffocations importantes ou de dilatations des paupières liées, a priori, à une exposition à un gaz irritant, semblent se multiplier. Les Etats-Unis, eux-mêmes, avaient d’ailleurs annoncé en avril dernier être en possession d’éléments prouvant l’utilisation d’armes chimiques. Mais Barack Obama s’était montré très prudent, souhaitant tout d’abord savoir précisément les circonstances de cette utilisation de ce type d’armes.

Sur la voie d’une résolution du conflit ?

Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus vraisemblable que l’Armée syrienne libre (ASL) doit faire face à ce genre d’attaques. Pourtant, les gouvernements occidentaux ne souhaitent plus réellement donner suite à leurs menaces passées. Si l’optique d’une intervention en Syrie n’enchante guère, il convient aussi de rappeler que l’heure est plutôt à la recherche d’un accord pour mettre fin au conflit. Une rencontre entre le régime de Bachar el-Assad et les rebelles syriens, à Genève, est d’ailleurs prévue le 19 juin prochain : à l’initiative de Moscou et Washington, cette conférence, couramment appelée « Genève-2 », doit être une étape dans la résolution du conflit.

Mais si l’ASL attend de son côté de savoir si Bachar el-Assad envisage de quitter le pouvoir, le régime affirme quant à lui que celui-ci n’est pas prêt à se retirer. Cette rencontre pourrait donc être un échec annoncé entre deux camps peu enclins aux concessions… Rappelons que ce conflit, débuté en mars 2011, a déjà fait entre 80 000 et 100 000 victimes selon les estimations.

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