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BP en eaux troubles, le Texas aussi

Le week-end dernier, les premières galettes de pétrole échouées sur les plages du Texas ont été repérées. C’est le cinquième Etat américain touché, après la Louisiane, le Mississippi, la Floride et l’Alabama. L’ouragan Alex vient également compliquer les efforts de nettoyage et de récupération du pétrole.

La facture, quant à elle, augmente : 3,12 milliards de dollars, telle est la somme que BP a annoncé avoir déjà payé pour la marée noire dans le Golfe du Mexique jusqu’à présent. Mais le nettoyage total pourrait coûter à BP plus de 60 milliards de dollars. Ainsi, cette catastrophe écologique majeure est dans le même temps à l’origine d’une chute de moitié de l’action de BP depuis le 20 avril, date de l’accident à l’origine du désastre écologique actuel. Pourtant, depuis mi-juin, le titre a gagné plus de 15%, en raison, d’une part, aux avancées des travaux de BP pour récupérer le pétrole, d’autre part, en raison d’annonces visant à rassurer les marchés. Lundi, en effet, la compagnie pétrolière a annoncé qu’elle n’émettrait pas de nouvelles actions.

Cependant, au Royaume-Uni, la santé financière de la société inquiète le gouvernement, car 10 000 emplois dépendent directement de BP. Un soutien du monde politique britannique n’est donc pas à exclure, d’autant que la possibilité d’une OPA inamicale, d’Exxon, de Shell ou de Total par exemple, effraye la direction de BP : la capitalisation boursière du groupe n’étant plus que de 77 milliards d’euros, cette éventualité devient en effet aujourd’hui plausible. Parallèlement, la compagnie semble se rapprocher de certains fonds souverains en Asie et au Moyen-Orient afin de discuter d’une prise de participation, comprise entre 5 et 10%. Le Kuweit Investment Office, qui possède déjà 1,75% du capital de BP, pourrait augmenter sa participation à 10% selon certaines sources.

A un moment où la reine d’Angleterre se rend au Etats-Unis, il est important de tenir compte des relations diplomatiques entre Londres et Washington. En effet, le raccourci entre BP et la Grande-Bretagne est rapidement réalisé, et si le Royaume-Uni cherchera à tout prix à préserver l’intégrité de BP du fait de son importance (première entreprise britannique par sa capitalisation boursière avant l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon), les Etats-Unis feront payer jusqu’au dernier centime à BP pour dédommager les personnes touchées par la catastrophe et pour le nettoyage consécutif de la marée noire. La complicité entre les deux pays anglo-saxons pourrait pâtir de ce désastre écologique, malgré l’entente affichée par Barack Obama et David Cameron, notamment concernant la guerre en Afghanistan.

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