Investiture de Joe Biden : des symboles forts et un contexte inédit

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La journée d’investiture de Joe Biden a débuté par une première image symbolique du “rassemblement” qu’il entend incarner. Le premier président catholique depuis John Kennedy, a assisté à une messe à la cathédrale Saint-Matthieu de Washington accompagné des chefs démocrates et républicains du Congrès. La journée s’est poursuivie, marquée par une succession de symboles forts, dans un contexte d’investiture inédit. L’absence du président sortant et celle des américains du fait de la pandémie en sont notamment les points marquants.

Joe Biden prête serment
Joe Biden devient le 46ème président des États-Unis

Le peuple et l’ancien président absents

La cérémonie d’investiture s’est déroulée, non pas devant une vaste foule, comme c’est l’habitude, mais devant une esplanade largement vide. Celle-ci n’était occupée que par des milliers de drapeaux représentant les américains n’ayant pu s’y réunir du fait de la pandémie. Fait sans précédent depuis 150 ans, le président sortant n’a pas assisté à  l’investiture de son successeur. Donald Trump, a quitté la Maison Blanche tôt dans la matinée, sans avoir rencontré Joe Biden, auquel il n’a laissé qu’une lettre dans le bureau ovale. Depuis la base militaire d’Andrews, il a souhaité “bonne chance” à la nouvelle administration sans jamais prononcer le nom de son successeur. Comme le veut le protocole, les anciens présidents étaient présents. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont assisté aux célébrations, accompagnés de leurs épouses. Seul Jimmy Carter, 94 ans, a décliné l’invitation, évoquant des raisons de santé.

Kamala Harris,  une vice-présidente inédite

Cette journée d’investiture a été marquée par l’accession, pour la première fois, d’une femme à la vice-présidence des États-Unis. Elle est aussi la première personne noire et d’ascendance asiatique à accéder à cette fonction. Kamala Harris a prêté serment face à la première juge d’origine hispanique de la Cour suprême Sonia Sotomayor. Vice-présidente inédite, Kamala Harris pourrait aussi avoir un rôle plus important que ses prédécesseurs à cette fonction. Tout d’abord parce que le Sénat étant divisé à égalité entre démocrates et républicains, c’est elle qui en tant que présidente de la chambre haute, sera chargée de faire basculer les votes en faveur des démocrates si nécessaire. Ensuite parce qu’il est peu probable que Joe Biden soit candidat à un second mandat. Kamala Harris pourrait incarner le recours naturel dans son camp.

Joe Biden, un discours grave et unitaire

Après avoir prêté serment, Joe Biden a livré un discours d’investiture axé sur la défense de la démocratie et l’unité de la nation américaine. Le président a débuté son discours en évoquant : non pas la victoire d’un candidat, mais celle d’une cause : la démocratie”. Il a ensuite parlé de sa volonté de réunir l’Amérique : “Sans unité, il n’y a pas de paix. Seulement du ressentiment et de la colère.” Le président s’est ainsi posé en symbole de l’effort de réconciliation du pays. Joe Biden a présenté la vérité comme un bien commun qui définit l’américanité : “Ces derniers mois nous ont appris une leçon difficile : il y a la vérité, et il y a des mensonges. Des mensonges proférés pour le pouvoir et pour le profit ».

Joe Biden s’est aussi directement adressé au reste du monde, affirmant que l’Amérique est ressortie “plus forte” de ses dernières épreuves. Il a annoncé le retour d’un partenaire fiable et actif dans les enceintes internationales : “Nous allons réparer nos alliances, et nous engager à nouveau avec le monde”, promettant leadership “par le pouvoir de l’exemple”. Enfin, le nouveau président a rappelé que la démocratie américaine étaient confrontée à plusieurs crises. Évoquant : “Un virus qui a déjà tué plus de 400.000 Américains, des millions d’emplois perdus dans la crise économique, une crise des inégalités, de la justice raciale, la menace du terrorisme intérieur et du suprématisme blanc”, il a prévenu : “C’est le temps de la vigueur, parce qu’il y a tant à faire …».

Des premières signatures symboliques

Après s’être recueilli sur la tombe du soldat inconnu au cimetière national d’Arlington, en présence de trois de ses prédécesseurs, Joe Biden a fait son entrée à la Maison-Blanche. Une fois dans le bureau ovale, il a signé dix-sept décrets. Parmi ceux-ci, on peut noter le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris et au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé. Autres signatures importantes, la fin de l’interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de pays à majorité musulmanes et l’arrêt de la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Enfin, une mesure forte, l’imposition du port du masque dans tous les lieux relevant de l’État fédéral. Joe Biden a ainsi débuté son mandat en commençant à détricoter l’œuvre de Donald Trump.

 

Les adeptes de symboles, retiendront la couleur violette des tenues de Kamala Harris, Michelle Obama et Hillary Clinton. Celles-ci étaient porteuses de messages allant au-delà de simples considérations esthétiques. Le violet représente d’abord le bipartisme, mélange de rouge (Parti républicain) et de bleu (Parti démocrate). Cette couleur fait également référence aux suffragettes qui se sont battues au début du 20ème siècle pour le droit de vote des femmes. Enfin c’est aussi un clin d’œil à Shirley Chisholm, première femme noire à s’être présentée à l’élection présidentielle, en 1972.

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Marie-Christine BIDAULT

Marie-Christine Bidault est étudiante en journalisme à l'ESJ Paris. Par ailleurs Analyste en stratégies internationales (IRIS Sup') et Ingénieur en agriculture (ISARA Lyon), elle s'intéresse fortement aux questions de géopolitiques environnementale, agricole et alimentaire, avec un intérêt particulier pour les politiques américaines.

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