Le Forum des mondes méditerranéens : une volonté d’integration régionale

Shares

Lors de son discours pour la présidence française de l’Union européenne (UE), au Parlement de Strasbourg, le 19 janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé les objectifs concernant la politique étrangère européenne, en particulier avec les voisins de l’Union. Il confirme notamment avoir la volonté de construire un « destin commun » avec l’Afrique. Sous la gouvernance française, il déclare que l’Europe aide à lutter contre la pandémie du covid. Il prévoit d’envoyer 700 millions de doses vaccinales en Afrique d’ici juin prochain. Le président a aussi confirmé que la France allait organiser un sommet en février prochain visant à refonder le partenariat Europe-Afrique, ainsi qu’à recentrer le monde méditerranéen sur ses objectifs communs.

Le Forum des mondes méditerranéens

Le Forum des mondes méditerranéens s’est tenu à Marseille, les 7 et 8 février 2022. À l’initiative du président, il a été organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ce forum s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors du Sommet des deux rives en 2019. Cette rencontre diplomatique internationale, regroupant cinq pays européens (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal) ainsi que cinq africains (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie), avait eu lieu à Marseille également. 

Le Forum des mondes méditerranéens ambitionne de construire, après 2 ans de contexte sanitaire mondial tendu, un espace d’échanges et de débats entre les acteurs du bassin méditerranéen, afin de répondre aux défis communs. Cependant, il inclut désormais tous les acteurs de la société civile (associations, entreprises, universités,…) et plus seulement les États. L’événement a réuni pendant 2 jours près de 1000 participants, mêlant acteurs publics et acteurs privés. Ils ont échangé autour de thématiques comme l’environnement et la biodiversité ; l’éducation, la formation et les mobilités ; l’emploi, l’innovation et l’entrepreneuriat ; l’inclusion et les solidarités ; la culture et le patrimoine ; l’action territoriale et le développement durable.

« Une Méditerranée plus durable, prospère et intégrée »

De manière très vague, le forum a comme but premier de « construire d’ici 2030, une Méditerranée plus durable, prospère et intégrée ». En résumé, le but est de répondre aux grandes problématiques communes de la région, comme l’éducation, l’emploi ou encore le réchauffement climatique. Pour ce faire, il propose une programmation d’objectifs concrets mais nombreux : la mise en place de plus de 25 tables rondes et ateliers ; la création de lieux d’échanges et de networking ; la fondation d’un « Village des projets » valorisant une centaine de projets méditerranéens ; la création d’un espace dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à l’innovation ; et la restitution d’un travail de plaidoyer de la jeunesse autour de propositions pour une Méditerranée 2030, effectué par plus de 200 jeunes du pourtour méditerranéen.

Un forum permettant de redynamiser la collaboration régionale

Le Forum des mondes méditerranéens a accueilli au sein de ses participants les états-membres de l’Union pour la Méditerranée (UPM), espérant, très probablement, stimuler la collaboration entre les membres. Créée par Sarkozy en 2008, le rôle de l’UPM était déjà de revigorer le partenariat euro-méditerrannéen entre l’Union européenne et le Maghreb. Le but étant de construire un « espace de paix et de stabilité », les acteurs avaient défini trois axes principaux de collaboration : politique et sécuritaire ; économique et financier ; social, culturel et humain, faisant écho aux thèmes abordés lors du Forum.

Cependant, l’Union pour la Méditerranée n’a réellement jamais atteint les objectifs qu’elle s’était fixés et n’a jamais vraiment eu d’impact autre qu’économique sur la région Méditerranée. Elle a mis en place des accords bilatéraux de libre échange entre l’UE et le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Néanmoins, ces accords n’ont fait que affaiblir les échanges entre les pays maghrébin, et qu’amplifier leur dépendance exportatrice vis-à-vis de l’Europe. Selon le monde diplomatique, le commerce entre les pays d’Afrique du Nord comptait 2% de l’ensemble du commerce régional.

Le président Emmanuel Macron a aussi souligné « la richesse plurielle » de la population française, venant directement des régions « du Levant, du Maghreb, d’Europe du Sud ». Il a affirmé que ces diasporas étaient « une chance formidable pour la France ». Selon lui, la France devrait « les aider à réussir y compris de l’autre côté de la Méditerranée ». Le président de la République française à annoncé fournir un fond de 100 millions d’euros pour « les entrepreneurs vivant en France, voulant investir au Maghreb ».

Programme Monde Méditerranéen et Proche Orient

Shares

Daïanée TISSERAND

est étudiante à Kedge BS, après deux années de classe préparatoire ECS.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Centre de préférences de confidentialité

    Necessary

    Advertising

    Analytics

    Other