Ahmadinejad sollicite Obama pour un débat télévisé

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Pour une surprise, en voilà une ! Alors que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, se singularisait par sa rhétorique anti-américaine voire antisémite, le voilà qu’il souhaite désormais engager des pourparlers avec les Etats-Unis, par le biais d’une interview avec le président Obama. Lors d’un discours destiné aux expatriés iraniens à Téhéran, il s’est posé comme l’initiateur d’un débat qui aurait pour trait de toucher à tous les thèmes d’actualité, afin de voir quelles « solutions sont les meilleures ».

Durant ce même discours, il a déclaré vouloir venir à l’assemblée générale de l‘ONU en septembre. Il pourrait donc faire coup double d’ici un mois ou deux : parler avec Obama, dirigeant de la première puissance mondiale ; s’exprimer à l’ONU, seule et unique organisation internationale digne de ce nom. Un bon moyen, peut-être, de revenir en arrière sur certains de ses propos, d’en clarifier certains, ou alors de continuer dans sa rhétorique guerrière vis-à-vis du sionisme.

Ce discours intervient après une vague de sanctions décidées par les Occidentaux, et notamment les Etats-Unis. G. W. Bush avait déjà refusé une entrevue de ce type, et il n’est pas certain qu’Obama ne fasse la même chose, puisque une condition sine qua non d’une reprise des relations entre les deux pays semble être l’arrêt du programme nucléaire iranien. Ahmadinejad nie farouchement cela,  préférant parler de sanctions « destinées à empêcher l’Iran de devenir un pôle industriel ». Voilà donc un président iranien prêt à discuter, ce qui marque un fléchissement dans le bon sens. Espérons que ces paroles ne soient pleines de mauvaises intentions. Après tout, vouloir discuter avec l’ennemi semble plus opportun que l’attitude inverse, occidentale, qui consiste depuis pas mal de temps à décider de sanctions sans aucun effet sur la politique d’Ahmadinejad.

En tout cas, l’annonce de ce débat voulu par l’Iran va surement embêter Obama. A vrai dire, il sortira perdant à tous les coups. S’il accepte, on le critiquera de discuter avec un homme souhaitant la disparition pure et simple d’un pays (Israël). S’il n’en veut pas, alors Ahmadinejad pourra se vanter d’avoir proposé une tentative de médiation et d’explication réfutée par les Etats-Unis. En résumé, soit les Etats-Unis perdent un allié (Israël, dans la première solution), soit ils passeront, aux yeux du monde arabe, comme peu ouverts à la discussion. A eux de choisir la solution à prendre…

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