L’armée brésilienne donne l’assaut des narcotrafiquants dans les favelas de Rio

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L’État brésilien a sorti les grands moyens : 2600 parachutistes, fusiliers marins, membres des forces d’élite de la police et policiers militaires, appuyés par des blindés et des hélicoptères, ont été mobilisés. Ils encerclent les favelas du Complexo do Alemão, au Nord de Rio, et ont lancé l’assaut, ce matin à huit heures, contre les quelques 600 trafiquants qui s’y terrent.

Les narcotrafiquants de Rio sont devenus insupportables pour le pouvoir, qui a créé en 2007 des « Unités de police pacificatrices » chargées de rétablir l’ordre et les services publics dans ces zones contrôlées par les criminels. Ces derniers ont d’ailleurs redoublé d’agressivité, brûlant plus d’une centaine de véhicules et engageant des combats ayant fait 35 victimes, affiliées au trafic, depuis une semaine. La police a déjà lancé vendredi une opération d’envergure sur la favelas Vila Cruzeiro, réputée impénétrable, dont 200 membres armés de gangs se sont enfuis pour se réfugier au complexe d’Alemao comprenant huit favelas. Les autorités ont alors lancé un ultimatum appelant les quelques 600 criminels à rendre les armes avant la tombée de la nuit. Seul 31 trafiquants et le bras droit du parrain local se sont rendus avec leur famille.

Ce sont, en fait, deux gangs qui se sont réfugiés dans ce complexe de 400 000 habitants. Le Comando vermelho (commando rouge) et l’ADA, dominant les plus grandes favelas de Rio (Rocinha au Sud et Alemao au Nord), ont conclut une trêve pour lutter contre les UPP. Malgré des affrontements observés depuis ce matin, la résistance des trafiquants est moindre qu’escomptée selon Mario Sergio Duarte, le chef de la police militaire de Rio. Il a d’ailleurs annoncé la victoire de ses troupes : « Nous avons gagné, nous avons apporté la liberté aux habitants d’Alemao ». Il n’en reste pas moins prudent : « Il ne fait aucun doute que des membres de gangs se cachent encore là-dedans. Nous devons y aller et les en sortir ». « Désormais il faut être patient, nous avons repris le territoire mais cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de confrontations. Il faut être vigilant car ils peuvent tenter de piéger nos hommes ». Pour ce faire, deux hélicoptères blindés tournent au-dessus de la zone et fournissent des renseignements sur la position des narcotrafiquants.

Quatre tonnes de marijuana ont pour l’instant été saisies, seize fusils, une mitraillette et de nombreuses munitions. Les habitants accueillent avec joie cette opération, même s’ils ont reçu l’ordre de rester enfermé chez eux. Le gouvernement a aussi besoin de redorer son image à l’approche du Mondial de football en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. Car si le Brésil est devenu la huitième économie mondiale, le pays reste handicapé par une criminalité endémique (la troisième du monde derrière la Russie et la Colombie) et une pauvreté importante malgré les programmes de Lula qui ont tiré 20% de la population de cet état.

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