Quand la FED se mêle de politique

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 « Le pays serait bien servi par un meilleur processus de décisions en ce qui concerne la politique fiscale ». Cette phrase pourrait être attribuée à un élu américain et pourtant c’est Ben Bernanke qui l’a prononcée le 26 août lors du très attendu discours de la conférence annuelle de la FED à Jackson Hole. Le président de la réserve fédérale américaine a aussi donné son point de vue sur la situation économique actuelle.

Si beaucoup attendaient une déclaration de M.Bernanke annonçant une injection massive de liquidités dans l’économie, ce qui constitue depuis 1971 la stratégie américaine de base pour gagner du temps lors d’une crise, il n’en a rien été. Le président de la FED a déclaré qu’il était trop tôt pour pouvoir annoncer des mesures de soutient à l’économie et qu’il faudrait d’abord analyser les conséquences de la faiblesse des marchés, des problèmes des dettes souveraines et des problèmes de la zone Euro. S’il a assuré que la FED jouerait son rôle accompagnant la croissance et stabilisant les prix et s’il a estimé que la situation économique allait s’améliorer au second trimestre 2011, il a renvoyé à la réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) les 20 et 21 septembre pour envisager une nouvelle politique d’assouplissement monétaire.

Les acteurs économiques veulent que M.Bernanke les rassure car la situation n’est pas rose : le chômage culmine toujours à 9,1% trois ans après le début de la crise, les prévisions de croissances sur le second trimestre 2011 se sont révélées trop optimistes. Seule l’inflation est relativement stable à 2,2%. Le président de la FED a fait sont mea culpa : « Il est évident que la reprise après la crise a été bien moins robuste que nous ne l’avions espéré » mais a écarté le scénario d’un second crack pour privilégier celui d’une reprise lente en estimant que les bases de la croissance étaient encore présentes aux États-Unis. Mais M.Bernanke a surtout critiqué la gestion politique de la crise, notamment l’épisode récent de l’immobilisme parlementaire sur la question du plafond de dette américain. Il a estimé que cet épisode avait nuit aux marchés mais aussi à l’économie et que c’est aux politiques de lancer des plans de sauvetage.

Ces déclarations ne sont cependant pas surprenantes. Son poste est hautement politique malgré l’indépendance théorique entre la réserve fédérale et Washington. Le président nomme chaque directeur et ces derniers ont un rôle clé dans l’économie et l’histoire américaine. La FED a contribué à l’unité des États-Unis en mettant en place le dollar tout au long du XIX° siècle et en terminant l’union économique du pays en 1914. Son contrôle des taux lui permet de relancer la consommation après les crises en les maintenant bas (aujourd’hui proche de zéro) mais ils contribuent dans ce cas au risque spéculatif. C’est ce qui est arrivé lorsqu’après avoir baissé ses taux à zéro après la crise de la bulle internet la FED a vu se profiler une autre bulle : celle des « Subprimes ». Une situation qui se répète aujourd’hui.

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