La mort du chef des FARC Alfonso Cano, un coup dur pour l’organisation terroriste, mais pas sa disparition

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« C’est le coup le plus dur jamais porté aux FARC » a déclaré dans la nuit de vendredi à samedi Juan Manuel Santos, l’actuel président de la Colombie; et pour cause : hier, Alfonso Cano, chef des FARC au cours de ces trois dernières années a péri par balles lors d’un accrochage meurtrier avec l’armée colombienne dans le sud-ouest du pays, plongeant par là encore un peu plus, la guérilla communiste colombienne dans la dépression.

Principale organisation terroriste colombienne impliquée dans le conflit armé colombien, conflit interne au pays datant du milieu des années 1960 au moment où, face à la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle de certaines zones contestées du pays grâce à l’appui des États-Unis de nombreuses guérillas marxistes émergent, les FARC – Forces armées révolutionnaires de Colombie – auront en quelques années seulement perdu une grande partie de leur influence d’antan; et pourtant ! Formé en 1964 dans un contexte de crise, officiellement fondé deux ans plus tard, le mouvement était jusqu’ici parvenu à tenir tête aux différents groupes paramilitaires et gouvernementaux qui avaient cherché à mettre un terme à son action. Sur-puissante à la fin des années 1990 grâce au développement du trafic de drogue et au début des enlèvements contre rançon, l’organisation avait même réussi en 1998 à l’occasion du processus de paix de Caguán à faire plier le gouvernement colombien en récupérant une vaste zone démilitarisée au sud-ouest et au centre du pays, zones où s’établiront quelques années plus tard de nombreux camps d’entraînement de la guérilla colombienne.

Mais lorsque succède Alvaro Uribe à Andrés Pastrana à la tête du pays en mai 2002, c’est toute la lutte anti guérilla et groupe para-militaire du pays qui est remise à jour; et le moins que l’on puisse dire, c’est que la politique de « sécurité démocratique » menée par l’ex-président colombien lors de ses deux mandats a porté ses fruits : les centres d’entraînement de l’organisation sont alors repoussés vers les périphéries du territoire, et la violence, bien qu’encore dramatique diminue significativement dans le pays. La nouvelle politique colombienne de « prospérité démocratique » inaugurée en août 2010 par l’ancien ministre de la défense du président Uribe, Juan Manuel Santos à l’occasion de son investiture n’aura pas arrangé les affaires de l’organisation terroriste : les FARC semblent alors en voie d’extinction.

Toutefois, bien qu’affaiblies, les FARC sont encore loin d’être vaincues : leur capacité de nuisance reste bien réelle.

L’accrochage militaire d’hier en Colombie ne fait pas exception : certes la mort d’Alfonso Cano, premier chef FARC à être tué lors d’une opération et dirigeant du mouvement depuis mai 2008 suite à la mort du chef historique de l’organisation Manuel Marulanda, constitue une véritable victoire militaire et politique pour le gouvernenement colombien, mais elle ne signifie par pour autant la fin de l’organisation. En 2002, les FARC disposaient d’environ 17000 hommes en armes et à leur service. Ils n’en comptent aujourd’hui plus que 9000; ce qui est encore beaucoup.

 

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