L’Inde inquiète par les ambitions territoriales chinoises

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Pour toute puissance digne de ce nom, le critère territorial est souvent pris en compte dans le but d’accroitre son influence régionale voire mondiale. Or, la Chine ne se borne plus à montrer ses muscles économiques voire politiques. Elle a tout simplement décidé de défier son voisin (encore plus petit qu’elle, mais pour combien de temps ?) : l’Inde. Il faut être naïf pour croire que la hache de guerre est enterrée entre les deux depuis la guerre sino-indienne de 1962. Mais très récemment, la Chine fait pression sur ses marges, comme au Myanmar, au Pakistan… ou même plus loin encore, suivant la stratégie dite du « collier de perles ».  Par exemple, la Chine s’intéresse désormais à la région du Gilgit-Balistan (situé dans le Cachemire pakistanais, revendiqué… par l’Inde !) et s’apprête à y construire des infrastructures routières et électriques. Et elle a même refusé d’attribuer un visa à un Général indien, sous prétexte qu’il venait du Cachemire !

Du côté indien, on reste encore au stade de la méfiance. On croit toujours que la Chine devient plus agressive car l’Inde est censée la dépasser d’ici 2020 en termes de croissance économique. Mais le premier Ministre M. Singh semble embarrassé. Il subit la pression de nombreux conservateurs de son pays, l’amenant à répondre à cette politique chinoise agressive. Au journal Times of India, il s’est contenté d’affirmer que l’Inde devrait faire face à une Chine plus « assurée ». Rien de plus. Son seul fait d’armes en la matière reste une visite en Arunachal Pradesh, région indienne revendiquée par la Chine (voir carte). Le pragmatisme de Singh, son appel à la précaution auraient de quoi faire pâlir bon nombre de pays « expansionnistes ».

Du côté chinois, on persiste à dire que la première volonté est d’affirmer des relations fortes avec le voisin, et de mener de front différents défis régionaux. Mais soyons clairs : les échanges bilatéraux sont en augmentation, mais le véritable potentiel est bien plus important (reste les conflits territoriaux à résoudre). Et tant que la Chine fera double jeu sur certains sujets (notamment un vrai-faux soutien au Pakistan, ennemi de l’Inde), il y a peu de chances que les rapports soient normalisés. Alors, la question territoriale nuira-t-elle toujours au développement conjoint des deux pays ? Selon Zhao Gancheng, spécialiste des relations sino-indiennes, les conflits territoriaux des deux pays ne peuvent pas être un obstacle pour tisser de puissants liens économiques. Cependant, les vieux démons de 1962 restent encore bien présents…

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