Bilan du quatrième sommet des BRICs

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Jeudi 29 mars se sont rencontrés à Dehli, la capitale indienne, les dirigeants des cinq plus grandes économies émergentes que l’acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à la mode depuis 2001 tend à rassembler sous l’apparence d’une fausse unité. Ces cinq pays totalisent aujourd’hui près de 20% de la croissance et 40% de la population mondiale. Nulle question ici de la légitimité de ce terme, faisons plutôt un bilan de ce sommet.

Thème classique des rencontres où siègent les économies émergentes, il a bien sûr été question de la représentativité des Brics dans les institutions internationales. Si le Premier Ministre indien Manmohan Singh  a reconnu des progrès dans les institutions financières internationales, il a insisté sur le manque de représentativité au Conseil de Sécurité de l’ONU où seules Chine et Russie siègent actuellement (situation héritée de la guerre froide). De plus, les Brics ont formulé une demande d’augmentation de leurs voix au FMI dès 2013, avant la réforme générale des quote parts en 2014. La question de la nomination dans les prochaines semaines du nouveau directeur de la Banque Mondiale a également été posée. Rappelons que la direction du FMI revient généralement à un dirigeant européen, et celle de la Banque Mondiale à un dirigeant américain. Or les candidats actuels pour le poste sont originaires de pays en développement (la ministre nigériane des finances et l’ancien ministre des finances colombien Jose Antonio Ocampo). Cependant les Brics n’ont pas annoncé de soutien particulier à l’une des candidatures.

Un sujet d’inquiétude commun est ressorti de ce sommet : l’excès de liquidités dans l’économie mondiale « émanant de la politique agressive prise par les banques centrales pour stabiliser leurs économies » qui pourraient fragiliser la croissance des économies émergentes. Face au mouvement généralisé d’injection massive de liquidités et d’abaissement des taux d’intérêts par les banques centrales des pays développés, les Brics demandent la mise en place de politiques macroéconomiques de réformes structurelles plus responsables.

A l’issue du sommet, les Brics ont annoncé leur volonté de créer une banque d’investissement visant à renforcer leurs relations commerciales.

Cette « Brics Bank », aussi surnommée « South-South Bank » pourrait constituer un outil financier très puissant pour améliorer les relations commerciales entre les pays émergents et jouer un vrai rôle d’allier de l’Union Européenne dans la sortie de la crise financière, d’après le ministre brésilien du commerce Fernando Pimentel. Les échanges commerciaux entre les pays émergents ont en effet augmenté de 28% en 2011 pour atteindre 230 milliards de dollars environ aujourd’hui. Proposition « choc » du sommet, sa faisabilité et viabilité sera examinée dans les prochaines semaines par les ministres des finances des pays concernés.

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