L’Union Européenne prend de nouvelles sanctions contre l’Iran qui reçoit le soutien de Moscou

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Hier, à l’instar du Canada, l’Union Européenne (UE) a annoncé des nouvelles mesures pour contraindre l’Iran à renouer le dialogue sur le dossier du nucléaire. En effet, l’UE a indiqué qu’elle interdisait tout nouvel investissement européen dans les secteurs clés de l’économie iranienne, à savoir le pétrole et le gaz. L’assistance technique ainsi que les transferts technologiques sont désormais également prohibés dans ces secteurs, ce qui renforce d’autant plus la prise de position européenne. Pourtant, les entreprises européennes étant étrangères aux secteurs pétrolier et gazier d’Iran, on peut s’interroger sur la portée réelle de ces sanctions. Mais ces sanctions ne s’arrêtent pas là : le commerce avec l’Iran sera réduit, tout comme le volume des transactions financières, et les visas distribués seront moins nombreux.

Cependant, si l’Europe semble ici parler d’une même voix, on a aussi entendu quelques discours divergents. C’est notamment le cas de la Suède, qui semble sceptique sur la portée de ces sanctions. Mais ces déclarations, si elles ont été faites, sont le fait d’un consentement à l’échelle européenne puisque ces sanctions constituent les plus importantes que l’Europe ait prises contre un pays. Par cette annonce, l’UE répond aux Etats-Unis qui l’avaient précédée dans cette démarche de confrontation indirecte avec la république islamiste. Washington a d’ailleurs salué l’adoption de ces nouvelles sanctions par Bruxelles.

Côté iranien, Téhéran a fustigé ce qu’il appelle une « guerre psychologique » qui vient compliquer les débats, mais a indiqué être prêt à entrer en discussion de façon immédiate avec les Occidentaux, ce qui prouve à quel point les conséquences des sanctions européennes ont été rapidement perçues en Iran. Ainsi, alors que Téhéran insiste à montrer sa volonté de poursuivre le développement de son projet nucléaire, les pourparlers devraient reprendre en septembre, affirme Mahmoud Ahmadinejad.

Aujourd’hui, l’Iran a néanmoins reçu un soutien de premier ordre, celui de la Russie, qui condamne fermement ces sanctions prises hors du cadre de l’ONU. Pour Moscou, cela prouve le mépris occidental à travailler de façon collégiale avec l’ensemble des acteurs principaux dans ce dossier.

Au final, cette avalanche de sanctions contre la république islamiste, dont le président russe Dmitri Medvedev disait le 12 juillet dernier qu’elle était « proche d’avoir le potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire », a pour but d’accélérer un processus visant à faire abandonner ce projet à M. Ahmadinejad. Mais le fait que ce dernier accepte d’ouvrir des pourparlers en septembre n’est-il pas le signe que l’Iran cherche encore à gagner du temps ? Une réunion entre le Brésil, l’Iran et la Russie est d’ores et déjà prévue pour ce dimanche, afin de poursuivre le dialogue sur le nucléaire iranien. Jusqu’où iront les pays occidentaux pour mettre fin aux velléités nucléaires iraniennes ?

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