Pourquoi la France est-elle le meilleur atout de la Grèce dans une Europe en crise ?

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L'accord douloureux conclu entre Athènes et ses créanciers est le fruit d'un long travail de négociation, dont la France a été le principal acteur.
L’accord douloureux conclu entre Athènes et ses créanciers est le fruit d’un long travail de négociation, dont la France a été le principal acteur.

« On ne claque pas la porte au nez de Platon ». Tels étaient les mots employés par le Président français Valéry Giscard d’Estaing à l’aube de l’entrée de la Grèce dans la Communauté économique européenne, ancêtre de l’actuelle Union européenne, en 1981. Pourtant la France, alliée historique de la Grèce depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et membre fondateur de l’Union européenne, s’est retrouvée face à un dilemme : conserver son statut de défenseur d’un pays ami face à la crise qui le secoue, ou hausser le ton, et ainsi répondre aux exigences de l’ensemble des pays de l’Union européenne, dont l’Allemagne.

Une relation privilégiée historique

Si la Grèce est au fondement même des systèmes démocratiques que nous connaissons aujourd’hui, le pays est, jusqu’à très récemment resté sous le joug de régimes dictatoriaux. Peu épargnée par la Seconde Guerre mondiale, c’est en 1967 que la Grèce, à l’époque une monarchie, entre dans une phase politique liberticide suite au coup d’Etat organisé par la junte militaire grecque, traditionnellement qualifié de « régime des colonels ». En ce temps déjà, la France, dont les présidents entretiennent des relations étroites avec le régime en place, devient une terre d’exil et de résistance pour des personnalités grecques, telles que le Premier ministre déchu, Constantin Caramalis.

Ce n’est qu’en 1974 que le peuple grec retrouvera sa liberté politique, pour rentrer dans la CEE en 1981, avec l’appui de la France, et malgré les réticences de puissances telles que l’Allemagne. Depuis lors, les relations, discrètes, sont restées cordiales entre la France et la Grèce. Ce partenariat, qui s’est de nouveau manifesté en 2010, lors du premier épisode de la crise économique profonde qui secoue Athènes, semble faire ses preuves à nouveau aujourd’hui, alors que l’Union européenne vient de traverser une tempête politique sans précédent.

Le maintien d’un lien étroit porté par un intérêt économique et politique commun: l’Europe

 « La France fera tout pour que la Grèce reste dans la zone euro, elle ne ménagera pas sa peine jusqu’au bout pour trouver un accord. ». Avocat du diable pour certains, médiateur modéré pour d’autres, l’action du Président François Hollande s’inscrit dans cette lignée de chefs d’Etat protecteurs des intérêts du peuple grec. Suite au rejet de la Grèce par référendum des nouvelles conditions posées par ses créanciers pour l’obtention de nouveaux fonds, la perspective d’une rupture de la part de l’Union européenne, largement poussée par la chancelière allemande Angela Merkel mais aussi d’autres pays tels que l’Espagne, l’Italie, le Portugal a été balayée notamment par l’action de la diplomatie française qui a permis la conclusion d’un accord à l’arraché.

Cependant, la solidarité de la France envers la Grèce, seul pays de l’UE avec lequel elle dégage un excédent commercial, n’est pas ininteressée. Selon le rapporteur général de la Commission des finances du Sénat français, Albéric de Montgolfier, l’exposition de la France à un éventuel défaut grec pourrait atteindre 65 milliards d’euros…

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