En route vers un gouvernement de la zone euro ?

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En pleine crise de l’euro, et alors que les résultats de croissance français (0,0%) et allemand (0,1%) au deuxième trimestre 2011 déçoivent, le sommet franco-allemand d’hier était attendu. Et il n’a pas déçu. Après deux heures de concertation, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont proposé aux 17 pays membres de la zone euro la création d’un gouvernement de la zone euro d’ici mi-2012.

Ce gouvernement fonderait (enfin ?) les bases d’une véritable union économique européenne, près de vingt ans après la décision d’une création d’une monnaie commune. Un tel gouvernement réunirait deux fois par an (et même plus en cas de situations exceptionnelles) les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres. Berlin et Paris ont proposé le Belge Herman Van Rompuy, actuel président du Conseil européen, en tant que premier président de ce gouvernement (le mandat serait de deux ans et demi).

Par ailleurs, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont émis le souhait que la « règle d’or » sur l’équilibre budgétaire soit adoptée dans tous les pays de la zone euro en vue d’assurer la stabilité de cette même zone. Cette mesure serait alors gravée dans la Constitution de chacun des Etats membres de la zone euro et viserait à la réduction des déficits.

Les eurobonds ne sont pas la solution. Pour l’instant.

Les deux chefs d’Etat en ont profité pour balayer d’un revers de la main la possibilité de la création d’eurobonds dans l’immédiat, assurant que les fondations nécessaires à une Europe économique devaient être bâties avant d’entreprendre une telle réflexion. « Un jour, peut-être, nous pourrons l’envisager, mais cela ne viendra qu’à la fin du processus d’intégration de la zone euro et non au début », a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy, pour qui ces eurobonds mettraient en péril les meilleurs élèves de la zone euro.

A un an des élections présidentielles, cela permet par ailleurs au chef de l’Etat français de mettre la pression sur l’opposition, qui s’est empressée de déplorer un « sommet d’impuissance » et où les questions d’emploi et de régulation du système financier ont été oubliées. Mais un refus du PS de voter cette règle d’or pourrait lui nuire aux élections présidentielles si la crise de la dette européenne n’est pas résolue d’ici là.

D’autres mesures concrètes ont été avancées par l’Allemagne et la France, qui se proposent de relancer la machine européenne dont elles sont le moteur. Le couple franco-allemand propose en effet une taxe commune sur les transactions financières. L’adoption d’une telle mesure risque néanmoins de se heurter à la réticence des pays du Nord de l’Europe. En outre, dans l’optique d’harmoniser les politiques économiques entre Berlin et Paris, une harmonisation sur la fiscalité des entreprises a également été abordée : la France (où le taux d’impôt sur les sociétés est de 33%) et l’Allemagne (où ce taux est de 30%) devraient ainsi rapprocher leur taux de fiscalité d’ici 2013. De quoi rassurer, un peu, les marchés financiers…

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