Crise de l’euro : comment refonder le pacte de l’UEM ?

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Contexte de crise oblige : l’inquiétude quant à la capacité et la volonté des plus grandes puissances économiques à faire face à leurs échéances de dette vient s’ajouter à des perspectives de faible croissance et à une dégradation de la conjoncture. Aujourd’hui dans la tourmente en raison d’une monnaie dont la stabilisation est encore incertaine, l’avenir de l’UE passe par une consolidation, voire même une réfection de la politique monétaire commune.

Certains courants eurosceptiques proposent aujourd’hui une sortie progressive des Etats-membres de le zone euro, pourtant nul doute que la monnaie commune assure une cohésion qui contribue à faire de l’UE la première entité économique par sa richesse et la part qu’elle représente dans le volume total du commerce mondial. De même, les projets de refondation de l’UE autour d’un objectif purement monétaire, une Europe continentale que certains qualifient de « carolingienne » ne pourraient que remettre en cause les acquis du marché commun (marché unique, politique de la concurrence) et aboutir à une fragmentation délétère. Aujourd’hui, il s’agit au contraire de restaurer le crédit de la zone euro sur le plan financier et politique.

Le Conseil européen du 27 octobre a permis de grandes avancées du point de vue des marchés : assumer un défaut grec permettant d’alléger significativement le fardeau d’Athènes, recapitaliser les banques (au niveau de l’UE) et mettre en place un mécanisme de stabilisation financière conditionnel pour les Etats solvables mais confrontés à des difficultés de financement sur les marchés. La nécessaire stabilité financière de la zone passe, dans l’immédiat, par un endiguement de la contagion d’insolvabilité qui pèse sur les Etats-membres. La réforme du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) permet une meilleure gestion de ces risques en élargissant la gamme de ses interventions (acquisition de titres publics sur les marchés secondaires et recapitalisation des banques…). Son renforcement est également très marqué politiquement : il ancre l’engagement  de l’Allemagne envers la zone euro.

Si des initiatives de court terme efficaces ont été prises, les Etat-membres doivent aujourd’hui s’efforcer de définir des perspectives de long terme pour réaffirmer aux marchés et à l’opinion leur engagement envers l’euro et le respect des règles (budgétaires notamment) nécessaires à la stabilité de la zone.

 L’instrument temporaire qu’est le FESF devrait être pérennisé dans le cadre du Mécanisme Européen de Stabilisation (MES) qui passe par le renforcement de la supervision des politiques budgétaires. On a pu constater dans le passé les limites de la méthode intergouvernementale (opportunisme, affrontement des intérêts nationaux). Il s’agit maintenant, au risque de paraître naïvement européiste, et cependant réaliste et pragmatique, de privilégier la méthode communautaire qui a fait ses preuves en matière d’harmonisation des règles et d’intégration des marchés.

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