Le fordisme, modèle d’excellence de tout un siècle

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La Ford T aura été le symbole de toute une époque. Produite à partir de 1908, celle-ci fut vendue à plus de 15 millions d’exemplaires, stipulant par son succès le début d’une nouvelle ère : celle de la production de masse.

Portrait peu flatteur de la société industrielle du XXe siècle, le film les Temps modernes de Chaplin relate les premiers pas du modèle fordiste

C’est à la fin des années 1870 que vient à Henry Ford l’idée d’une telle production. A l’époque Ford est encore adolescent mais, fort d’une inspiration certaine, celui-ci imagine un nouveau mode de production, alliant travail à la chaîne et production de masse. Enchaînant les postes, le jeune ingénieur nourrit le concept, commence à dessiner les prototypes de ce que sera plus tard la Ford T.

En 1908 la production de « la dame noire » est lancée : la voiture est assemblée à la chaîne, permettant un gain de temps et d’espace considérable. L’idée est alors révolutionnaire mais elle n’est pas la seule. Dans la lignée de Smith et Taylor, Ford parcellise le travail, décompose l’activité ouvrière en tâchessimples, brèves et répétitives : c’est la division horizontale du travail. Gage d’une spécialisation accrue des travailleurs et de la simplification des opérations d’assemblage, cette mesure a des effets exponentiels sur la production : les gains de productivité sont conséquents, les coûts de production chutent. Cette rationalisation du travail, associée à la standardisation de la production font le succès de l’entreprise : au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Ford T équipe près d’un ménage américain sur deux possédant une voiture. Le succès de l’opération est alors attribué à ce mode de production révolutionnaire : le fordisme.

A coté de la production de masse, Ford permet également une consommation de masse par l’instauration d’une politique de hauts salaires ou « five dollars a day » : les ouvriers peuvent désormais acheter ce qu’ils produisent, c’est la fin des crises de sur-production. Le succès de la Ford T n’aurait pu se faire sans cette double avancée. Le fordisme connaît alors un âge d’or, celui-ci signifié par le début des « Trente Glorieuses ».

Pourtant rapidement le système est remis en question : solution dérivée à la crise de 1929, celui-ci est accusé d’être déshumanisant, gage d’un non-épanouissement des ouvriers, inefficace face à l’apparition d’une demande de différenciation de la part des ménages au début des années 1970. La mauvaise qualité se développe, l’absentéisme et le turn over atteignent des niveaux records, la fin du fordisme est alors prononcée.

Fin prononcée, mais pas pour autant définitive : le fordisme persiste encore aujourd’hui. Certains auteurs tels que Coutrot évoquent même un renouveau du dit-modèle à travers l’expression du néo-fordisme, un concept garant d’idées traditionnelles associées à une autonomie ouvrière confortée. La restauration rapide et l’hôtellerie peuvent ainsi être cités comme exemples de cette étude. Le fordisme n’est donc pas mort.

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