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La région des Grands Lacs

 
La région des Grands Lacs, malgré un développement économique récent, reste embourbée dans des conflits bilatéraux aux origines ethniques.
La région des Grands Lacs, malgré un développement économique récent, reste embourbée dans des conflits bilatéraux aux origines ethniques.

Région riche en matière première et au sol fertile, la Région des Grands Lacs est composée de quatre Etats: le Burundi, l’Ouganda, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Certains y adjoignent la Zambie, la Tanzanie et le Kenya. Marquée par l’instabilité, cette région de 124 millions d’habitants est économiquement pauvre.

La région est marquée par les difficultés économiques et politiques des Etats.

La région a une géographie particulière. Le climat équatorial, marqué par l’alternance entre saisons humides et saisons sèches, engendre une densité démographique extrêmement variable : de 27 habitants / km² en RDC à 430 habitants / km² au Rwanda. Riches en matières premières (cobalt et diamants en RDC), ces territoires ont attiré très tôt les colonisateurs : le Rwanda et le Burundi étaient des colonies allemandes puis belges, la RDC une colonie belge, l’Ouganda une colonie britannique. 3 des 5 Etats des Grands Lacs sont enclavés : le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda dépendent de leurs relations avec la Tanzanie, le Soudan du Sud, la RDC et le Kenya. Cette situation explique que le commerce soit majoritairement régional. Cela favorise un mouvement d’intégration, à travers la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), ou la Conférence Internationale des Grands Lacs (CIGL).

Elle peut être qualifiée, tel le Sahel, comme un terreau du sous-développement. Les performances d’IDH parlent d’elles-mêmes : 161e / l’Ouganda, 186e pour la RDC. L’espérance de vie moyenne est de 50 ans, le taux d’alphabétisation oscille entre 60 et 70%.

Ces économies agricoles sont pourtant caractérisées une croissance économique d’environ 7%, à comparer avec leur croissance démographique de 3%. Seul le Burundi connait une croissance économique (2,8%) inférieure à sa croissance démographique (3%).

Des troubles politiques déstabilisent régulièrement la région. En RDC, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001, et a succédé à son père, Laurent-Désiré Kabila, mort assassiné et ayant lui-même succédé à Mobutu, resté au pouvoir pendant 31 ans ; la situation sécuritaire dans l’est du pays est déplorable, et les élections de 2011 ont été entachées de nombreuses irrégularités. Paul Kagame dirige le Rwanda depuis 2000, et a été réélu en 2010 avec 90 % des voix. Au Burundi, la vie politique reste régie par l’Accord d’Arusha de 2000, qui a mis fin à la guerre civile de 1993 entre Hutus et Tutsis en créant une république multipartite (quotas ethniques parlementaires).

Les conflits entre ethnies entravent le développement de la région

Le Rwanda et Burundi sont partagés entre Hutus (anciens serfs) et Tutsis (aristocratie pastorale des anciens royaumes). Le génocide de 1994 au Rwanda a engendré une forte exode des Hutus vers l’ex-Zaïre et la Tanzanie. Soupçonnés de fomentés une guérilla, ces exilés Hutus doivent affronter les Tutsis de RDC (Banyamulenges) dès 1996.

La RDC est ainsi le foyer d’instabilité de la région : refuges des rebelles du Burundi en 1993 ou de Joseph Kony encore aujourd’hui. Surtout, le M23, mouvement rebelle créé en 2012 à la suite de la volonté de Kinshasa d’arrêter un ex-chef rebelle intégré à l’armée nationale, a déstabilisé l’est du pays.

Les conflits concernent aussi les Etats eux-mêmes. Les deux guerres du Congo ont vu l’Ouganda (condamné par la CIJ), le Burundi et le Rwanda intervenir en RDC en soutenant des groupes rebelles pour, renverser Mobutu  en soutenant Laurent-Désiré Kabila (1997),  renverser Laurent-Désiré Kabila (2001). Plus récemment, l’Ouganda et le Rwanda ont été accusés par la RDC de soutenir le mouvement rebelle M23 hostile à Kinshasa. Un accord-cadre, certes précaire, a été signé en février 2013 à Addis-Abeba par onze pays pour mettre un terme à ces tensions.

Cette instabilité incite les Nations Unies à accroître leur présence dans la région : en RDC (MONUSCO depuis 2010), au Burundi. L’UE a également été présente par son opération Artémis depuis 2003 (sous mandat ONU) et EUFOR-RDC.

About Grégoire HALLIEZ

est étudiant à Audencia Nantes après une classe préparatoire économique et commerciale au Lycée du Parc (Lyon).

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